La Fédération nationale des éleveurs d’ovins se félicite de la mesure du gouvernement portant sur la suspension de l’importation de viandes rouges, décision prise pour réduire la facture d’importation et redynamiser le marché local. Tout en pointant d’un doigt accusateur ce qu’ils qualifient de «lobbies de l’importation» de viandes rouges, les éleveurs ovins plaident pour plus de contrôle dans ce créneau qui fait régulièrement l’objet de spéculations.
«Nous ne pouvons que nous féliciter de cette décision qui correspond à une vieille revendication pour laquelle nous avons sans cesse lutté pendant des années», a déclaré M. Azaoui, président de la fédération, qui explique sa satisfaction par ce que génère cette décision en argent puisqu’elle devrait faire gagner 200 millions de dollars.
La suspension de l’importation de viandes rouges réjouit également Mohamed Boukarabila, vice-président de la même Fédération, qui accuse les lobbies de l’importation de viande de «provoquer un déficit d’approvisionnement pour intervenir par la suite dans leur seul intérêt en important dans l’urgence des quantités importantes de viandes qu’ils font écouler sur le marché». M. Boukarabila a insisté à dire que la fédération «n’est pas contre l’importation de viande, à une seule condition, que le marché soit contrôlé et organisé».
Une position partagée par Azaoui, qui appelle toutefois les autorités compétentes à une meilleure organisation de la filière et du marché national pour contrecarrer les spéculateurs et pallier également les difficultés que traverse cette activité. «Chaque fois qu’il y a une envolée des prix du bétail ou de la viande, c’est automatiquement l’éleveur qui est inculpé», regrette M. Azzaoui qui désigne la responsabilité des maquignons et des intermédiaires.
Les prix élevés de l’aliment du bétail inquiètent
Le président de la Fédération des éleveurs d’ovins a indiqué que les têtes d’ovins et les viandes rouges «sont disponibles et couvrent toute la demande nationale, mais nous souhaitons, en contrepartie, que les autorités compétentes interviennent pour l’organisation de ce marché et contrecarrer la spéculation au niveau des grossistes ou des détaillants et de contribuer à réduire les prix de la viande». Il exige, entre autres, l’organisation du travail des commerçants et une prise en charge par les parties concernées du transfert du bétail vers les abattoirs pour garantir un approvisionnement du marché.
«Lorsque les prix s’envolent, c’est l’éleveur qui est toujours au box des accusés», regrette M. Boukarabila. Il demande à ce qu’il y ait «une organisation du marché, un contrôle des prix de l’aliment de bétail, parce que l’Etat les cède à un prix raisonnable, mais les prix décuplent au marché parallèle». Pour lui, «le manque de contrôle a fait que l’anarchie et la confusion règnent dans ce marché. Une situation qui implique sa réorganisation», poursuit M. Boukarabila. Le président de la Fédération des éleveurs d’ovins s’inquiète également des prix exorbitants de l’aliment du bétail. «Les prix de l’orge décuplent sur le marché parallèle. Si la situation persiste, et les prix ne reviennent pas à la normale, l’activité et les éleveurs seront en proie à d ‘énormes difficultés, imputant la responsabilité aux spéculateurs et appelant le ministère de l’Agriculture à intervenir pour faire face à cette situation», conclut-il.