La décision par le gouvernement saoudien de suspendre temporairement l’entrée des étrangers pour effectuer la omra ou le petit pèlerinage est devenue un véritable casse-tête chinois pour les agences de voyages nationales. En effet, non seulement elles vont devoir rembourser tous leurs clients ayant déjà versé les frais de voyage aux lieux saints, mais aussi s’attendre à une chute brutale de leur chiffre d’affaires, d’autant que cette suspension intervient à une période où les agences de voyages sont habituées à faire le plein en matière de recettes. Pis encore, les engagements pris avec leurs prestataires sur les lieux saints moyennant des avances financières vont se traduire par des pertes d’argent. Selon notre source proche du secteur, ce sont pas moins de mille agences qui organisent des voyages «omra», dont 320 en font leur unique activité. «Ce nombre élevé d’agences s’explique par fait que le produit omra est devenu au fil des années un créneau des plus lucratifs». Et pour preuve, selon les chiffres de l’Office national du pèlerinage et de la omra (ONPO), ce sont «400 000 de nos concitoyens qui ont effectué un petit pèlerinage en 2019», nous a indiqué notre source. Mais maintenant que le petit pèlerinage est suspendu, pour tout au moins une période qui pourrait s’étaler jusqu’à la fin du mois de Ramadhan, on peut avancer que les agences qui réalisent leur meilleur chiffre d’affaires à la veille et surtout pendant le mois sacré vont traverser une période comptable des plus difficiles non sans redouter que ladite suspension se prolonge dans le temps. Et dans ce cas de figure, il faut croire que les agences les plus vulnérables ne pourront plus tenir devant le grave manque à gagner. En somme, pour notre source, seuls les «véritables professionnels pourront surmonter cette épreuve». Sur ce dernier point, notre source nous fait savoir que de «nombreuses agences ont pu être créées suite à la faiblesse du décret 2017 qui a facilité la création d’agences sans les soumettre à des conditions qui puissent barrer la route aux opportunistes». Ajoutant dans ce sens « il est temps aujourd’hui d’introduire de nouvelles règles» pour tout au moins ne retrouver dans ce créneau que de véritables professionnel seuls à même de garantir une qualité de service à leurs clientèles», préconise notre source. Pour l’heure, il s’agira de savoir comment l’ONPO va traiter les doléances des agences, victimes du manque à gagner. En effet, c’est bien sûr vers l’office que les agences, du moins les plus pénalisées, vont tenter de se faire entendre pour espérer une prise en charge au moins partielle de leurs pertes. On le saura dans quelques semaines. Pour rappel, l’Arabie saoudite a suspendu «temporairement», depuis la fin du mois de février, l’entrée sur son territoire des pèlerins se rendant à La Mecque, dans le but «de prévenir l’arrivée du nouveau coronavirus (Covid-19) dans le royaume et sa propagation», a annoncé le ministère saoudien des Affaires étrangères. Une mesure certes de précaution dès lors où la omra, qui attire chaque mois à La Mecque plusieurs dizaines de milliers de musulmans, est un pèlerinage qui peut être réalisé à n’importe quelle période de l’année, à la différence du Hadj qui ne peut être effectué qu’à des dates précises du calendrier lunaire islamique (cette année, le Hadj doit avoir lieu entre fin juillet et début août). Toujours en raison du Covid-19, l’Arabie saoudite a également suspendu l’entrée dans son pays des voyageurs munis d’un visa de tourisme et provenant de pays où sévit le nouveau coronavirus. Le gouvernement précisant que «les procédures sont temporaires et assujetties à l’évaluation continue des autorités compétentes».