Le gouvernement a établi une liste de 851 types de produits désormais soumis à une suspension temporaire à l’importation. Cependant, y aura-t-il une alternative à ces produits ? Pas forcément, selon Hadj Tahar Boulenouar, président de l’Association nationale des commerçants et artisans (Anca).

Lors d’une conférence de presse, organisée hier au siège de l’Anca, Hadj Tahar Boulenouar est revenu sur la liste des 850 produits qui ont été suspendus à l’importation et ce, dès janvier 2018. Selon lui, c’est « un bon signe pour l’économie nationale, mais est-ce que la production nationale peut actuellement combler ce vide ? », s’est-t-il interrogé. «On constate sur le marché l’absence de beaucoup de produits d’importation mais, en revanche, les usines nationales n’ont pas augmenté leurs productions», a-t-il martelé. En effet, la réduction des importations doit être accompagnée, a-t-il soutenu, «par une forte production nationale pour ne pas se trouver face à une situation, où la demande dépasse l’offre, qui ouvre par la suite la porte à la manipulation des prix.
Pour lui, « il faut une alternative pour combler le vide des importations », appelant par la même occasion les producteurs à faire « un produit de qualité ». « Surtout que maintenant, le citoyen n’aura pas le choix», a-t-il ajouté. Il s’agit de la nécessité d’assurer une meilleure qualité et de maintenir la stabilité des prix», a plaidé Boulenouar. Concluant le sujet, l’interlocuteur dira que « la balle est dans le camp des producteurs algériens ».

 

Remise en cause du système de subvention
L’autre point évoqué par le président de l’Anca était celui des boulangers et du prix de la baguette qui ne va pas augmenter. Mais, selon ses dires, une étude a été faite dernièrement dans six wilayas, et le prix réel de la baguette de pain était à 10,8 DA. Dans ce contexte, Hadj Tahar Boulanouar a proposé plusieurs solutions pour plafonner le prix de la baguette et assurer une marge de bénéfice aux boulangers», soulignant que « les boulangers ont recommandé de produire une farine spéciale pour le pain et ce, pour éviter le détournement de la farine subventionnée vers d’autres activités, tout en contribuant à améliorer la qualité de la baguette.
Également, notre interlocuteur a affirmé que les boulangers ont appelé, au cours de cette réunion, à élargir les aides de l’Etat envers cette catégorie professionnelle.
«D’ici quelques semaines, le ministère va étudier nos propositions, en collaboration avec les représentants des minoteries. Par la suite, on cherchera les mécanismes pour appliquer les décisions finales », a-t-il rassuré, en précisant que les boulangers sont sommés d’exclure toute éventuelle hausse des prix du pain.

Les marchés de gros de l’alimentaire font défaut
Abordant un autre sujet, Boulenouar parlera de la hausse exorbitante des prix des denrées alimentaires. La raison, selon lui, « est due au manque, voire à l’inexistence des marchés de gros en alimentation générale». Ajoutant que «le pays aujourd’hui ne possède aucun marché de gros en alimentation générale», a-t-il ajouté. Le peu qui existe, selon lui, baigne dans une anarchie totale. C’est l’exemple du marché de Semmar (Gué de Constantine), alors que ce dernier est considéré comme l’un des plus importants du pays. «Le marché de Semmar n’est pas approprié pour l’activité commerciale», a déploré l’orateur, soulignant que ce lieu ne répond à aucune règle de commercialité, d’hygiène et de sécurité alimentaire.
Face au manque flagrant de ces marchés de gros en alimentation générale, le président de l’Anca a appelé le ministère du Commerce de mettre en œuvre le programme relatif à la création des marchés de gros en alimentation générale. «Ces marchés non seulement vont contribuer à l’organisation de l’activité du commerce, mais permettront également le contrôle du prix des produits», a estimé l’interlocuteur.

 

« Il n’y aura pas de hausse des tarifs des taxis »
Emboîtant le pas à Boulenouar, le président de la Fédération nationale des chauffeurs de taxi, Hocine Aït Braham affirmera que « les taxis ne vont pas augmenter les prix des courses », expliquant dans ce sens que « la hausse des prix des carburants ne va pas affecter les chauffeurs de taxi ». Selon lui, même si cette révision s’impose, elle doit se faire dans le respect de la réglementation et après concertation avec la tutelle. Cela dit, il a exigé des faveurs à l’égard des taxis qui consistent notamment dans l’achat de véhicules hors taxe et la suppression des vignettes. Mais la revendication la plus importante, selon notre interlocuteur, est le problème des impôts, qui reste le souci majeur de la corporation, tout en demandant « une étude approfondie et une solution à ce dossier qui traîne depuis les années 1992 ».