Moyen de transport essentiel pour la mobilité dans la capitale, le métro d’Alger, à l’arrêt depuis le mois de mars 2020 pour cause de pandémie de la Covid-19, reprend du service ce jeudi 7 octobre. Le ministère des transports l‘a annoncé, dimanche dernier en fin d’après-midi, dans un communiqué publié sur sa page Facebook. Ainsi les rames du métro vont de nouveau circuler à partir de 06 heures du matin comme il est précisé par cette même source.

Par Bouzid Chalabi
Il y a lieu de savoir qu’à l’inverse des autres moyens de transport public et, notamment, le tram et le train qui font partie de la catégorie des transports publics de masse qui ont repris du service depuis plus d’une année, le métro d’Alger restait suspendu de toute activité sur instruction des pouvoirs public. Le ministère de tutelle prétextant à l’époque que ladite mesure a été prise pour éviter une forte pression sur ce moyen de transport et ainsi limiter la propagation du Coronavirus. «Et comme le risque de contagion est toujours réel, il est donc plus prudent de maintenir la mesure en question», soulignait le communiqué.
Face à cette situation, considérée par un grand nombre d’usagers du métro comme une sorte de «deux poids deux mesures», il fallait bien qu’ils en sachent un peu plus. Ce qui a poussé l’Entreprise du Métro d’Alger (EMA) d’apporter des éléments d’explication d’autant plus que le ouï-dire a lié l’arrêt du métro avec la fin du contrat de RAT Paris, qui gérait l’exploitation du métro. En effet, lors d’un point de presse consacré à la question de savoir pourquoi le métro d’Alger continuait à être soumis à une mise à l’arrêt prolongée, le Directeur général de l’EMA, Ali Arezki, avait à l’époque livré la raison. Pour le PDG, «la décision de la date de reprise de l’activité du métro revenait aux pouvoirs publics», non sans faire remarquer aux représentants des médias que «l’entreprise a élaboré un plan de reprise et n’attend plus que le feu vert pour faire circuler les rames».
A propos de ce plan, il a expliqué à cette même occasion que le plan comprenait notamment la mise en place d’un protocole sanitaire et d’un programme d’exploitation devant prévenir toute congestion dans les rames.
Il faut noter qu’au-delà de faire prolonger l’arrêt, l’EMA accusait de plus en plus un manque à gagner estimé à des milliards de dinars. On peut citer à titre de référence le bilan comptable correspondant à l’année 2019, qui parle de millions de personnes transportées pour un chiffre de plus 5 millions de DA. Notons, par ailleurs, que même si le métro était à l’arrêt, une maintenance sans faille et surtout régulière se doit d’être maintenue en permanence. Sans omettre de parler des salaires du personnel à honorer. En clair, la situation financière de l’EMA devenant de plus en plus critique, l’obligation d’un retour immédiat à l’activité s’imposait au-delà de toute autres considérations.
Disons enfin que les nombreuses personnes tributaires de ce moyen de transport moderne, car rapide et sûr pour sa ponctualité, vont enfin souffler après 18 mois de galère. Et dans ce sillage, on apprend selon le communiqué du ministère des Transports l’augmentation des rames du métro d’Alger pour que les usagers ne soient pas obligés de se retrouver dans des voitures bondées.
Extension du réseau du métro d’Alger
La réalisation du projet de la ligne El Harrach-aéroport d’Alger avance à bon rythme. Ce qui laisse prévoir sa réception à l’horizon 2026. C’est du moins ce qu’a rapporté le Directeur général de l’EMA, Ali Arezki, lors de sa visite d’inspection du chantier en présence du ministre des Transports Aïssa Bekkai.
Ali Arezki a expliqué que le projet d’une longueur de 9,5 km sera réalisé en deux phases. Concernant la première, inhérente au génie civil, «elle devra prendre fin en 2024, tandis que la deuxième, relative à la réalisation du système intégral (équipement et aménagement) sera achevée au premier trimestre 2026». A propos du taux d’avancement des travaux relatifs au génie civil, il a atteint, selon le Directeur général, plus de 70%. Quant au système intégral qui englobe tous les équipements nécessaires pour la mise en marche du métro, notamment le matériel électrique, les systèmes d’aération et de billetterie et les escaliers mécaniques, il a indiqué que sa réalisation sera assurée «et cela pour la première fois. par l’entreprise publique Cosider et des compétences algériennes».
Ainsi, selon le responsable, «l’Algérie sera en mesure de renoncer graduellement à l’accompagnement étranger pour la réalisation de ce système intégral». A cet effet, le ministre des Transports a salué la réalisation de ce projet «avec une main-d’oeuvre algérienne hautement qualifiée» relevant l’appui financier et technique fourni par son secteur à ces projets qui permettent de réduire la congestion routière à Alger. Insistant sur l’impératif respect des délais de réalisation, Bekkai a appelé enfin à œuvrer sans relâche afin d’éviter les retombées des retards accusés dans les projets sur le citoyen et le Trésor public. n