L’importation de marchandises et de services ne cesse de constituer un lourd fardeau pour les finances du pays, en dépit de multiples mesures prises par le gouvernement pour en réduire la facture. Chiffres à l’appui, le directeur général de la prévision et des politiques au ministère des Finances, vient de donner l’alerte sur une situation que les finances publiques ne peuvent plus supporter dans la durée.

Même si le responsable évoque un sursis financier et une marge de manœuvre qui, visiblement, permet encore à l’Algérie de surmonter cette phase d’incertitudes financières et économiques, l’alerte est bien là. Elle appelle à un surcroît de rationalité. Pas uniquement dans le registre de l’importation. Car, à l’évidence, le gouvernement tarde à mettre en place des solutions idoines pour des problématiques qui se posent pourtant depuis des décennies.
Parmi ces problématiques, figure incontestablement celle des subventions publiques, cette équation, qui, si elle se posait de façon itérative, elle en devient cruciale en période de soucis financiers. Rien que pour l’exercice 2017, une valeur de 700 milliards de dinars a été dédiée aux subventions des produits énergétiques entre l’électricité, le gaz et les carburants. D’où la nécessité de revoir cette politique de subventions publiques qui accentuent les charges de l’Etat. Le responsable de la prévision et des politiques au ministère des Finances est même convaincu qu’une réforme des subventions est de nature à libérer l’énergie pour que les groupes publics puissent investir dans la mesure où ils restent pénalisés par le poids des subventions. Le même dirigeant emboîte ainsi le pas aux autres responsables persuadés de la nécessité de revoir le système des subventions publiques. Sans doute qu’il arrivera l’heure de trancher et de prendre la décision qui s’impose en révisant ces subventions surtout que les managers s’accordent à dire qu’elles constituent un lourd fardeau pour l’économie du pays.
Mais pour l’heure, les autorités peinent à trancher cette question lancinante appréhendant des contestations sociales que généreraient une révision des subventions et qui s’ajouteraient à celles qui s’expriment déjà sur l’espace public.
Rester longtemps à dire devient inutile quand les possibilités de faire et d’agir existaient en temps utile ! En définitive, le sursis financier qu’accordent les spécialistes à l’état des finances du pays devrait inciter à davantage de rationalité dans la gestion