L’usage en hausse d’antibiotiques en Algérie prend des proportions de plus en plus alarmantes, entraînant une résistance à ces médicaments pour traiter et prévenir les infections bactériennes. Le phénomène est si inquiétant que le ministre de la Santé Abdelhak Saihi a lancé à nouveau l’alerte contre les dangers de leur surconsommation et en appelle à la responsabilité des pharmaciens afin de juguler le phénomène. Les chiffres de 2018 font état que l’Algérie est le 5e plus grand pays consommateur d’antibiotiques dans le monde. A quand la fin du grand « shoot » ?

Par Sihem Bounabi
Le ministre de la Santé a dans ce cadre souligné le rôle important des pharmaciens quant à la sensibilisation aux dangers de la surconsommation de médicaments et plus spécifiquement celle des antibiotiques.
Lors de son allocution d’ouverture de la 9e Rencontre internationale de pharmacie d’Alger, ayant pour thème est «Responsabilités et mutations de l’exercice pharmaceutique», le ministre de la Santé a ainsi mis en exergue l’importance de l’implication des pharmaciens dans la lutte contre «la surconsommation enregistrée de médicaments, notamment d’antibiotiques qui nuit à la santé du patient», insistant sur le fait que ce type de médicaments «ne peuvent pas être administrés sans ordonnance tel que le prescrit la loi».
En outre, tout en saluant l’apport indéniable des pharmaciens dans la lutte contre la pandémie de la Covid19, le ministre de la Santé a annoncé la possibilité de la révision du code de déontologie de la Pharmacie, estimant qu’«il faut mettre les actes de santé et la prise en charge des malades au cœur de la responsabilité du pharmacien, qu’il soit dans le secteur public ou privé» mettant en exergue le fait que «cela exige le respect d’une éthique touchant tous les acteurs du secteur de la santé». Le ministre a également évoqué lors de son discours d’ouverture la nécessité de moderniser le secteur notamment en accélérant la modernisation des officines et des pharmacies publiques estimant que «cela contribuera à faciliter l’accès aux services de santé» tout en rappelant l’importance de créer des passerelles numériques entre le pharmacien et le système de santé. Abdelhak Saihi a clôturé son allocution en exprimant son espoir qu’à l’occasion de la 9e rencontre internationale de la pharmacie d’Alger, des recommandations seront formulées afin de contribuer à la réalisation et à l’incarnation des défis soulevés par les pharmaciens. Il a déclaré dans ce sillage qu’«il était favorable à accueillir toutes les suggestions qui pourraient être faites dans le cadre des travaux de cette rencontre afin d’améliorer le secteur de la santé». La 9e Rencontre internationale de pharmacie d’Alger organisé par la section ordinale régionale des pharmaciens d’Alger, sous les parrainages des ministres de l’Industrie pharmaceutique et de la Santé et sous l’égide du Conseil national de l’ordre des pharmaciens (CNOP), est marquée par la participation de plus de 1500 participants, dont des membres des ordres des pharmaciens d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Nord, d’organisations professionnelles et syndicales, d’experts algériens et étrangers, de professionnels du secteur de la santé et de l’industrie pharmaceutique.
Il est à noter que plusieurs problématiques seront posées à l’occasion de cette rencontre dont «comment amorcer la transition vers la pharmacie de demain ? Quels sont les meilleures évolutions des pratiques pharmaceutiques à travers le monde dont peut s’inspirer l’Algérie ? Quelles solutions pour régler les problématiques d’accès aux produits pharmaceutiques et dispositifs médicaux ? Où en sommes-nous avec la numérisation des services en officines ?». Selon les organisateurs, cette rencontre est également l’occasion de pour la corporation des pharmaciens de «réitérer le rôle qu’elle a toujours été appelée à assurer, celui de conseiller naturel des pouvoirs publics pour mener à bien les réformes nécessaires de notre système de santé». Elle est également marquée par le jumelage entre les Ordres de pharmaciens d’Algérie et de Côte d’Ivoire, ainsi que l’organisation d’une session de l’Inter-Ordre des Pharmaciens d’Afrique avec la participation de 12 pays. <