Renault Algérie compte faire venir, prochainement, à Oran, plus de 200 de ses sous-traitants activant dans le monde entier pour les inciter à investir en Algérie.

Intervenant dans une conférence, en marge de la 11e édition du Salon Equip Auto, inauguré hier au Palais des expositions, le PDG de Renault Algérie Production, Guillaume Josselin, a indiqué que la phase tôlerie et peinture du groupe étant sur le point d’être lancée, il faudra préparer dès à présent la sous-traitance qui s’y réfère. «Nous allons informer ces sous-traitants des opportunités qui existent en Algérie dans le secteur automobile. Ils auront, pour s’implanter en Algérie, à établir des partenariats sur la règle 51/49% qui a donné de très bons résultats. Ils devront, par ailleurs, travailler avec d’autres marques que Renault. De tout façon, aucun sous-traitant étranger ne voudra se limiter qu’à une seule marque», souligne-t-il. Le but, poursuit-il, est d’améliorer davantage le taux d’intégration de Renault qui se situe actuellement à 13%. Le groupe compte jusqu’à présent quatre fournisseurs locaux et envisage de nommer deux autres sous-traitants locaux dans les temps à venir. Il fait savoir qu’une mission de Renault, conduite par des experts étrangers, se déplace chaque mois en Algérie pour évaluer la sous-traitance locale. «Nous exigeons la même qualité pour le marché algérien que pour les marchés étrangers», soutient-il.
Toujours dans le contexte de la sous-traitance, Renault va lancer un projet Motrio de sous-traitance pour la fabrication de la pièce de rechange. «Nous allons fournir des pièces de rechange de qualité, validées par les standards internationaux et moins chères que les pièces d’origine», assure le directeur après-vente du groupe, Idris Saci.
Le cahier des charges de la pièce de rechange bien accueilli
Interpellé sur les cahiers des charges relatifs à la pièce de rechange, le PDG de Renault estime que c’est une initiative positive qui ne manquera pas d’organiser le marché de cette industrie en Algérie. «Le marché de la pièce de rechange en Algérie est actuellement anarchique, désorganisé. Les constructeurs font face à une concurrence déloyale des importateurs informels et qui n’expriment aucune volonté d’investir. Nous savons déjà que le cahier des charges comprend une mesure qui établit un lien direct entre constructeur et importateur. C’est déjà en soi un point positif», affirme-t-il. Notant que les professionnels de la pièce de rechange n’ont pas été sollicités pour la conception des cahiers des charges, l’expert en mécanique et en automobile, Brahim Mellouk, a signalé qu’il serait fructueux d’écouter les avis des uns et des autres.
«La sous-traitance est la base du développement de l’industrie automobile et mécanique. Vu le nombre important de projets lancés ou sur le point de l’être dans ce secteur et vu les exigences en termes de taux d’intégration, la sous-traitance doit suivre le mouvement. Mais il faudra rester prudent face à la contrefaçon des pièces de rechange, entre autres. C’est pour cette raison, je pense, que les pouvoirs publics prennent leur temps pour la conception des cahiers des charges», pense-t-il, en évoquant la création, en 2014, d’un groupe mixte (Renault, SNVI, AGM), chargé d’orienter et d’évaluer la sous-traitance locale. Ce groupe, selon lui, a identifié 113 projets potentiels dans la sous-traitance dans le secteur de l’automobile et de la mécanique. Une soixantaine de ces projets sont prêts à l’emploi, disposant d’ateliers de production équipés. Des sous-traitants figurant sur cette liste disposent d’ateliers mais pas d’équipements tandis que d’autres affichent des financements leur permettant d’investir dans ce créneau. «Les sous-traitants identifiés n’ont pas tous le même niveau en matière de qualité. Mais ils sont tous favorables à conclure des partenariats avec des constructeurs. Le groupe mixte a identifié, par ailleurs, une dizaine d’activités de la sous-traitance. Celle des pièces en plastique notamment qui seront prochainement produites localement», signale-t-il.

115 500 véhicules mis sur le marché en 2017

D’après les estimations de l’association AC 2A, qui compte intégrer les constructeurs en son sein, la valeur du marché de la sous-traitance locale avoisine le 1,64 milliard de dollars. «Notre estimation se base sur le volume de véhicules qui seront produits localement d’ici à 2021, estimés à 250 000 unités.
Ce volume est calculé sur la base des projets qui sont opérationnels et ceux qui sont validés», explique la représentante de cette association, Lamia Zemri Khodja. Toujours d’après les estimations de cette association, 115 500 véhicules seront mis sur le marché en 2017, dont 65 000 produits localement et 50 000 importés. Un volume qui ne répond pas aux besoins du marché, selon le PDG de Renault, signalant que le marché a besoin de 350 000 unités. «On nous reproche de ne pas pouvoir répondre à la demande.
Ce n’est pas parce que nous sommes en retard dans la production. Au contraire, avec 60 000 unités actuellement, nous sommes en avance sur le programme convenu. C’est parce que la demande est encore supérieur à l’offre. Nous fournissons en ce moment un véhicule pour trois clients», confie-t-il.

Les importations  ne dépasseront pas les 50 000 jusqu’à 2021
Selon l’AC2A, les importations de véhicules ne dépasseront pas les 50 000 jusqu’à 2021. La production locale progressera par contre et atteindra les 250 000 d’ici 2021, voire plus
si les projets dans le secteur en discussion actuellement seront validés  d’ici là.<