PAR NAZIM BRAHIMI

Le secteur de la santé tend à souffler, à ses différents niveaux, avec l’amélioration de la situation épidémique illustrée par la quasi absence de cas de contamination.
Ce n’est plus le temps des cris de détresse itérativement lancés par les médecins et autres responsables d’établissement hospitalier.
Même s’il faut encore privilégier la prudence, la situation s’est nettement améliorée et les Algériens commencent à prévoir l’été 2022 sous de bons auspices contrairement aux deux derniers qui ont été de véritables gâchis.
S’il est encore prématuré, voire aventurier, de décréter victoire contre
la pandémie, le personnel de la santé, à ses diverses strates, mérite reconnaissance et gratitude, lui, qui s’est mobilisé contre la pandémie. Ce personnel reste, cependant, sur sa faim
et semble vivre ces moments de répit en contexte de pandémie avec un goût d’inachevé compte tenu que les médecins et autres catégories considèrent comme des atermoiements de la tutelle à honorer ses engagements à leur égard.
Le retard dans le versement de la prime Covid continue, en effet, de semer la déception chez le personnel de la santé qui constate à son grand dam que les engagements et promesses du premier responsable du secteur peinent à se concrétiser sur le terrain.
Le retard cumulé sur plusieurs mois des primes non versées tend visiblement à exaspérer les praticiens de la santé dans un contexte d’effervescence syndicale, annonciatrice d’un large débrayage des fonctionnaires pour la semaine prochaine et dans lequel est partie prenante le personnel de la santé.
D’où vraisemblablement la « main tendue » du ministre de la Santé qui, en rencontrant les directeurs de la santé de wilaya, a salué le « rôle majeur » que joue le partenaire social, en le qualifiant de « maillon important » dans la construction et le développement du système de santé.
Un propos qui sonne également comme une offre de dialogue, un registre dans lequel a été fortement critiqué son management du secteur par la Coalition nationale des syndicats de la santé (CNSS), qui a retenu deux « griefs » contre Benbouzid. Le premier a trait aux revendications socioprofessionnelles qui n’ont pas encore eu de réponse de la part de la tutelle et le second évoque un déficit de dialogue dans la gestion des affaires du secteur.
Deux reproches qui n’ont pas laissé de marbre Benbouzid, qui tente de rassurer et de calmer la grogne des syndicats de la santé, mais dont le succès n’est pas garanti.