Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une contraction de 6,6 % du PIB des pays exportateurs de pétrole de la région Moanap (Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan). Un scénario pessimiste que laisse entrevoir une conjoncture marquée par une chute brutale de la demande de pétrole et du prix du baril, explique le FMI dans sa mise à jour des perspectives économiques, fraîchement publiée. Il appelle ainsi, une nouvelle fois, les pays concernés, dont l’Algérie, à s’affranchir de la rente pétrolière et à «réformer et diversifier» leurs économies.
Dans le cas des pays du Moyen-Orient, Afrique du Nord (Mena), le rapport laisse transparaître un léger mieux en matière de perspectives économiques, soit -5% pour le PIB contre -5,7% en juillet, mais, la situation nécessite «un appel à l’action (et à saisir) l’occasion de stimuler la transformation de l’économie et de créer plus d’opportunités, en particulier pour les jeunes», estime Djihad Azour, Directeur Moyen-Orient et Asie centrale du FMI. Ceci d’autant que la contraction de 5% du PIB pourrait entraîner «une hausse du chômage de 5 %», a-t-il mis en garde, alors que le manque d’emplois constitue déjà un fléau social dans de nombreux pays de la région.
Les pays exportateurs de pétrole de cette région accuseront un déficit budgétaire cumulé de 224 milliards de dollars en 2020, selon la même source, et l’activité économique ne se rétablira pas «avant une décennie», au Mena et ont appliqué des restrictions anticoronavirus ayant affecté leurs activités en la matière, poursuit-elle.
La reprise économique s’annonce encore plus difficile à s’opérer avec un prix moyen de brut qui sera de 41,69 dollars en 2020 et de 46,70 dollars en 2021, loin de la moyenne de 57 à 64 dollars en 2019.
Chef de file de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), et comptant la plus importante économie dans le monde arabe, l’Arabie saoudite devrait voir son économie se contracter de 5,4 % cette année, d’après le FMI, ce qui représente, toutefois, une légère amélioration par rapport aux -6,8 % estimés en début d’année.
Pour réduire l’impact négatif du «double choc» de la Covid-19 et de la faiblesse du prix du pétrole, le royaume doit «accélérer le processus de diversification économique» déjà enclenché avant la pandémie par le prince héritier Mohammed ben Salmane («Vision 2030»), a recommandé M. Azour, citant «l’investissement dans de nouveaux secteurs», comme les nouvelles technologies, «et le soutien aux petites et moyennes entreprises pourraient être le moteur de la prochaine vague de diversification». C’est du côté du Liban que le pire est en train de s’annoncer, dans un pays confronté à sa pire crise économique depuis la guerre de 1975-1990, alerte le FMI. Après l’effondrement de sa monnaie, ce pays «a subi les effets de la pandémie et une gigantesque explosion en août. La pauvreté touche désormais plus de la moitié de la population et le Liban connaît un nouvel exode», est-il constaté par le FMI qui y prévoit une contraction économique de 25 % en 2020, soit plus du double de l’estimation d’avril dernier (-12 %). <