Sur fond de guerre des prix entre l’Arabie saoudite et la Russie, les prix du pétrole se maintiennent toujours à des bas historiques. Hier, le baril tentait toutefois de se relever réalisant quelques gains, alors que le coronavirus réduit de plus en plus la demande mondiale, laissant place à un excédent de production impossible à contenir en cette conjoncture pas du tout favorable à la croissance économique.
A la mi-journée, le Brent de la mer du Nord pour livraison en mai s’échangeait à 34,99 dollars sur l’Inter Continental Exchange (ICE), en hausse de 5,33% par rapport à la clôture de jeudi. A New York, le baril américain West Texas Intermediate (WTI) pour avril gagnait 4,14%, à 33,12 dollars.
C’est sur cette tendance que le marché consommait la dernière journée d’une semaine, qui a vu le brut traverser ses plus durs moments, avec des pertes de plus de 20% cumulées par les prix des deux barils de références. Pis encore, les cours ont vécu lundi dernier leur pire chute depuis la guerre du Golfe en 1991, avec un plongeon de 25%. Alors que le recul de la demande mondiale d’or noir provoquée par le coronavirus exigeait des pays producteurs, réunis autour de l’Opep+, le renfort de leur coopération avec des coupes supplémentaires, voilà que le marché risque de se retrouver en surabondance inédite après l’échec de la réunion de l’Opep et ses partenaires, vendredi dernier. La Russie ayant refusé la recommandation d’une réduction supplémentaire de 1,5% en provenance du Carte, l’Opep + se retrouve quasiment en voie d’extinction sous l’effet de la riposte des Saoudiens qui ont décidé de produire jusqu’à 13 millions de millions de barils par jour à partir d’avril prochain. Ils ont d’ores et déjà trouvé l’appui de leur alliés dans le Golfe, et au sein de l’Opep, en l’occurrence les Emirats arabes unis qui ont annoncé leur disponibilité de produire 1 mbj supplémentaire à partir du même mois.
Il y a donc risque de compter énormément de pétrole sur le marché dès l’expiration de l’accord de production Opep/non Opep le 31 mars, avec comme conséquence une chute des prix qui pourrait mener le baril jusqu’à 20 dollars, prévoient certains analystes. Le risque est d’autant grand que la Russie et l’Arabie saoudite ne manifestent aucun signe concret de poursuivre leur coopération comme ils l’avaient laissé entendre mardi et mercredi derniers, en déclarant que cette coopération est toujours d’actualité.
Bien au contraire, Ryad, en quête d’un statut géostratégique qu’elle ne peut décrocher que par son rang de premier exportateur mondial de brut, a choisi d’inonder le marché et d’opérer une révision à la baisse de ses prix. Et pour boucler la boucle, l’Arabie saoudite aurait refusé la tenue d’un comité technique (JTC) de l’Opep+ le 18 mars, à travers lequel une sortie de crise au sein de l’Opep+ pouvait intervenir.
Pour sa part, le ministre de l’Energie et président de la conférence de l’Opep continue à affirmer que l’accord de coopération Opep-Non Opep, signé fin 2016, est toujours en vigueur et ce en dépit que les parties participant à la réunion de vendredi dernier ne soient parvenues à un accord définitif sur la baisse de la production. C’est pourquoi ces pays poursuivront les débats et les rencontres pour parvenir à un accord et la recherche de mécanismes devant rétablir l’équilibre du marché pétrolier, au regard des répercussions du Coronavirus sur le marché pétrolier et ses retombées sur l’économie mondiale, a fait savoir M. Arkab dans une déclaration à la presse en marge d’une séance plénière consacrée aux questions orales à l’Assemblée populaire nationale (APN).
Concernant les retombées de la baisse des prix du brut sur l’équilibre financier de l’Algérie, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, écarte tout risque à court terme. « La baisse drastique des prix du pétrole enregistrée récemment dans les marchés internationaux n’aura aucun impact immédiat sur l’équilibre financier du pays, au moins durant les deux prochains mois », a-t-il affirmé lors de la même séance plénière à l’APN. « Les efforts se poursuivent pour suivre la situation et prendre les mesures nécessaires pour faire face à la situation conformément aux instructions du Président de la République », a-t-il expliqué. n