L’Algérie et l’Union européenne se retrouvent, aujourd’hui, dans le cadre du Conseil d’association Algérie-UE qui tient sa onzième session à Bruxelles. Des retrouvailles qui ne le sont pas tout à fait, puisque les rencontres entre les deux parties ne se sont pas arrêtées ces dernières semaines, notamment depuis la sortie, le mois dernier, de la Commissaire européenne au commerce, Cécilia Malmström.

Cette dernière n’avait pas hésité à remettre en cause les restrictions des importations décidées par les autorités algériennes, considérant que ces mesures, souveraines, allaient à contresens de l’Accord d’association signé entre notre pays et l’UE depuis 2005.
Les inquiétudes formulées publiquement par Mme Malmström n’étaient pas les premières du genre en provenance du partenaire européen, puisque des responsables de pays de l’Union, ou encore leurs représentations diplomatiques en Algérie, avaient antérieurement manifesté leur inquiétude face au recul des achats que l’Algérie effectue sans compter chez eux.
En fait, pour avoir pris l’option d’un encadrement du commerce extérieur, qui passe principalement par les restrictions des importations du pays, le gouvernement algérien devait sans doute s’attendre à des frictions qui viendraient se mêler à ses relations avec une UE ayant fatalement perdu gros dans un marché, classé parmi les plus lucratifs dans sa politique de partenariat commercial, porté néanmoins sur des exportations à quasiment sens unique.
La tension d’avril entre l’Algérie et l’UE s’est apparemment apaisée après le dialogue qui s’est installé, ces derniers temps, entre les deux parties dans cette perspective. Toutefois, et en dépit des garanties et des assurances fournies par l’Algérie au profit d’un partenariat privilégié, l’UE n’a assurément pas lâché prise et ses responsables ne manqueront pas le conseil qui se tient à Bruxelles pour rebondir sur le dossier en faisant valoir l’opportunité d’évaluer la mise en œuvre de l’Accord d’association et, partant, de manœuvrer dans l’objectif de le renforcer. Mais au profit de quelle partie ?