Le meurtrier présumé de Belahmer Abou Muslim a été placé, ce jeudi, en détention provisoire par le juge d’instruction près la Cour de Relizane.
Appréhendé, lundi dernier, par les services de sécurité, le suspect a été placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction près la Cour de Relizane. Les services de la Sûreté de wilaya, qui ont arrêté le suspect, âgé de 36 ans et résidant à Relizane, ont trouvé chez lui l’arme blanche utilisée pour le crime. L’enquête est toujours en cours pour dénouer les circonstances et les motifs de l’assassinat du très populaire raqi, dimanche dernier à son domicile situé à hai Benallou, au centre-ville de Relizane, à 2 heures du matin.
Pour rappel, l’assaillant a mortellement agressé à l’arme blanche, au niveau du cœur et d’autres parties du corps, le raqi qui lui a ouvert la porte. La victime, âgée de 52 ans, a succombé tout de suite à ses blessures. La ville de Relizane, où résidait et pratiquait la roqia Belahmar, s’est réveillée sous le choc. Et pour cause, le raqi, qui laisse derrière lui une veuve et 5 enfants, était connu de tous. Il faut dire que beaucoup ont observé un deuil le jour de son assassinat et que certains commerces ont baissé rideau. Toute la ville était émue et la funeste nouvelle l’a plongée dans une profonde consternation. Il faut dire que cela fait deux ans que le défunt avait ouvert une clinique de roqia au chef-lieu de Relizane, ce qui a mis en branle la ville et a boosté ses commerces mais également ses transports. Les sollicitations d’une roqia chez Belahmar émanaient non seulement de Relizane mais de pratiquement toutes les wilayas du pays. Et il fallait attendre plusieurs mois pour espérer un rendez-vous dans la clinique du défunt tant la demande était importante. Mais Belahmar n’était pas uniquement un homme de roqia, mais aussi un homme très médiatique. Connu pour ses interventions dans la presse au sujet de divers thèmes sociaux qui ont toujours suscité la controverse, Belahmar a également eu maille à partir avec la justice. En 2013, les éléments de la police judiciaire de la commune de Mazagran à Mostaganem ont procédé à une perquisition inopinée dans les locaux de l’association «Bachair Chifaa », dont le président n’est autre que le fameux cheikh Belahmar. Le raqi a été inculpé, puis condamné à un an de prison ferme pour charlatanisme et exercice illégal d’une activité réglementée. A sa sortie de prison, il reprendra ses consultations dans une suite louée dans un hôtel situé à douar Belgaïd, puis dans un logement situé dans la cité El Barki à Oran. Mais, le raqi non désiré dans cette wilaya repart à Relizane pour reprendre ses activités dans un local situé au centre-ville. En 2015 et suite au décès de M. Hala, une étudiante originaire de Bordj Bou-Arréridj, âgée d’une vingtaine d’années, traitée dans sa clinique à Relizane, le raqi a été placé en garde à vue. Mais une fois relâché, le défunt a repris sa roqia. Son assassinat, dimanche dernier a laissé sans voix ses fervents admirateurs ainsi que ses proches collaborateurs et sa famille. n