Le chef de l’Etat par intérim a procédé hier à la nomination de nouveaux responsables à la tête de grandes entreprises et d’agences de l’Etat. Certaines de ses désignations étaient attendues et souhaitées en raison du caractère économique et social sensible des entités concernées. Il s’agit par exemple de la holding Sonelgaz qui depuis la nomination de son ancien P-DG Mohamed Arkab au poste de ministre de l’Energie le 31 mars dernier est restée dirigée par un intérimaire. Cette situation qui a duré plusieurs mois a fait réagir les observateurs du secteur qui s’étaient empressés à s’interroger sur la célérité de l’Etat à ne pas laisser vacant le poste de président directeur général de Sonatrach et son apparente lenteur à en faire de même pour Sonelgaz, alors qu’il s’agit de deux grands groupes clés de l’énergie en Algérie. La nomination du jeune et ambitieux Boulakhras Chaher (lire article en page 6) à la tête des électriciens-gaziers en remplacement de l’intérimaire et chef de cabinet du P-DG Rabah Douida a été accueillie avec soulagement par ses pairs.
La même observation de souhait d’avoir un patron nouveau a été observée au niveau de l’Arav. L’ancien chef de l’autorité de régulation de l’Audiovisuel, Zouaoui Benhamadi aujourd’hui remplacé par Abderrazak Zouina, un ancien du Conseil constitutionnel, n’a jamais réussi à imposer sa vision de gendarme de l’audiovisuel, alors que le secteur continue de vivre au rythme des dérapages et des bavures médiatiques en série. Pis, M. Benhamadi, qui avait le vent en poupe il y a quelques années au point d’être perçu par la presse comme un « ministrable », s’est retrouvé embourbé dans d’inextricables difficultés bureaucratiques. Son départ de l’agence signe peut-être la fin d’une carrière d’homme des médias qu’il a commencée à la toute fin des années soixante.
Inattendue, en revanche, la nomination du journaliste Salim Rebahi et ancien directeur de la communication au Conseil de la Nation (Sénat) à la tête de la télévision publique. Ce professionnel qui a fait une partie majeure de sa carrière à El Moudjahid, est un familier du secteur public de l’information. Rien cependant ne le prédestinait à remplacer Lotfi Cheriet – un enfant de la télé publique dont la désignation à la tête de l’ex-« unique » ne remonte qu’au 25 mars dernier après avoir été quitté l’Arav dont il faisait partie.
Son départ de la télé suscite autant l’étonnement que les interrogations, mais pourrait signifier aussi un nouveau positionnement des médias étatiques par rapport à la conjoncture qui s’annonce, marquée par l’invalidation de l’agenda électoral et l’ouverture d’une séquence politique nouvelle dans le feuilleton de grande crise politique que vit le pays.
Surprise de moindre importance, le remplacement de l’intérimaire Djazia Djeddou à la tête de l’Anep depuis le 30 avril dernier après le départ d’Amine Echikr et son remplacement par Mounir Hmaïdia. M. Hmaidia dont le curriculum vitae est particulièrement chargé – un ancien de l’ENA passé par les Affaires étrangères avant d’atterrir aux postes et technologies de la communication – était jusque-là directeur général de l’économie numérique au ministère de la Poste et des Technologies de l’information et de la Communication.