Parmi les décisions importantes, annoncées lors de la rencontre walis-gouvernement, figure la révision des codes communal et de wilaya. Ce changement inclut la réforme de la fiscalité locale pendant longtemps reportée et dont l’importance est l’augmentation des ressources financières des collectivités locales.

Par Khaled Remouche
La commune reste le maillon faible dans la gestion et le développement du pays. Résultat, les conditions de vie d’une grande majorité de la population restent difficiles, voire précaires.
A cet égard, le chef de l’Etat a tiré la sonnette d’alarme au cours de son allocution, prononcée samedi dernier à l’occasion de la rencontre gouvernement walis et a indiqué que 1 000 communes sur 1541 sont pauvres. D’où l’urgence de la mise en oeuvre de la réforme inhérente à la gestion des collectivités locales avec son volet important, la réforme de la fiscalité locale annoncée par le discours officiel depuis des décennies mais qui n’est jamais entrée en phase d’application sur le terrain.
Cette paupérisation des communes paraît plus prononcée, puisque l’Algérie enregistrait moins de communes pauvres auparavant bien que la proportion de communes pauvres reste presque identique. Cette situation est d’autant plus grave que la commune est la cellule de base de l’Etat et l’une des principales sources d’amélioration de son quotidien en approvisionnement en eau, salubrité et enlèvement des ordures, assainissement, maintenance et dotation des écoles en matériel, éclairage urbain, routes, transport communal, espaces sportifs et culturels, marchés de proximité… Une situation inquiétante puisqu’il existe un fonds commun de collectivités locales chargé de redistribuer une partie de la fiscalité locale et l’excédent des communes riches vers les communes pauvres et de dotations importantes du budget de l’Etat en direction des plans communaux de développement. Le chef de l’Etat a rappelé en ce sens que les Assemblées populaires communales ont peu de prérogatives en matière de gestion de leur commune. Eu égard à la gravité de cette situation, le chef de l’Etat a instruit, lors de cette rencontre, le Premier ministre Aymen Benabderrahmane de procéder à la révision des codes communal et de wilaya. Plus précisément, il a ordonné la mise en place d’une commission qui, dès sa création par décret présidentiel ou exécutif, entamera la révision de ces codes. Elle sera placée sous l’autorité du ministre de l’Intérieur et composée de représentants du ministère des Finances, du Sénat, de l’APN et des élus locaux. Le chef de l’Etat a indiqué que cette révision sera engagée avec effet immédiat. Autrement dit, cette réforme devra être élaborée dans des délais rapides.
L’objectif de ce changement est d’aboutir à une plus grande décentralisation avec davantage de pouvoirs aux APC, l’instauration de la démocratie participative et d’augmenter les ressources communales dont la liberté d’instituer de nouveaux impôts et de collecter l’impôt au niveau de la commune. A cet égard, le premier magistrat du pays a souligné que le confort du citoyen est l’alpha et l’oméga du pays.
Cela dit, il convient de ne pas occulter que le talon d’Achille des communes est le sous-encadrement qui se manifeste par des déficiences dans le management des projets et la faible consommation des crédits budgétaires accordés aux communes dans le cadre des plans communaux de développement. Il ne faut pas oublier également que depuis les dernières élections communales, le citoyen enregistre peu de dynamisme dans la gestion de ses affaires par les APC.
La gestion des communes n’est donc pas une question uniquement d’argent. Puisque même dans des communes riches de la capitale, les routes sont souvent défoncées. A cela s’ajoute le manque d’hygiène enregistré dans de nombreux quartiers. Les besoins élémentaires des électeurs ne sont donc pas satisfaits. Tout cela, en somme, invite à percevoir que le développement du pays et l’amélioration du quotidien du citoyen passent par le développement de la commune, par une meilleure gestion des collectivités locales ainsi que par la participation des citoyens à leur gestion. <