La section d’Alger de l’UGTA a réussi à obtenir du wali d’Alger qu’il reconsidère sa décision de supprimer les primes de départ en retraite et de décès dans les Epic d’Alger autour d’une table de discussion. A cet effet, une rencontre entre le secrétaire général de l’Union de wilaya d’Alger UGTA

, Amar Takdjout, et le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, est prévue après l’Aïd El Fitr. Il s’agira de remettre sur la table la décision entérinée par le wali d’Alger en date du 4 mai dernier d’annuler l’octroi de l’indemnité de départ en retraite de 22 mois, avec la condition de la convertir en pension de retraite entre un et trois mois maximum, en fonction des années de service, tout en procédant à des ponctions sur les profits de ces établissements. En signe de protestation, un sit-in a été organisé le premier jour de Ramadhan par les travailleurs des entreprises publiques de la wilaya d’Alger – hygiène, santé, abattoirs, éclairage et travaux publics et de voirie, etc. et autres secteurs sensibles – sous la bannière de la Coordination des entreprises publiques à caractère industriel et commercial (Epic). D’abord pour protester contre la nature «unilatérale» de cette décision, pour reprendre les termes du secrétaire général de l’Union de wilaya d’Alger UGTA, Amar Takdjout, joint hier au téléphone. «Ce qui n’est ni souhaitable ni envisageable, c’est de prendre une décision de manière unilatérale. La wilaya d’Alger a voulu rediscuter deux primes, mais elle a anticipé les événements car la logique aurait voulu qu’on engage d’abord des discussions avant de prendre la moindre décision. Chacun va poser les problèmes de son côté. Les travailleurs, qui sont très attachés à leurs acquis sociaux, et il est tout à fait normal qu’ils veuillent les préserver, et la wilaya, qui, elle, dit ne plus disposer des moyens de subvenir à la dépense des Epic», affirme M. Takdjout, pour qui il s’agira alors de couper la poire en deux lors de sa rencontre avec le wali d’Alger. «J’ai discuté avec le wali et on a dit qu’il n’y avait pas mieux que de se retrouver autour d’une table de discussion et tenter de trouver un palliatif à ce problème. Il faut arriver à une compréhension entre les deux parties», poursuit-il. Et si les deux parties n’arrivaient pas à s’entendre, les 26 000 travailleurs des Epic de la wilaya d’Alger entreront-ils en débrayage ? A cette question, M. Takdjout répond par la négative, insistant particulièrement sur les vertus du dialogue. «Ces sujets sont certes sensibles et complexes, mais je n’aime pas dire que les discussions n’aboutiront pas à un résultat. Nous sommes tenus d’arriver à un résultat ! D’ailleurs, les mouvements sociaux qui éclatent un peu partout sont dus au manque de discussions», dit-il. Selon ce dernier, avec le wali, l’un des éléments qu’il va falloir discuter, ce sont les 120 milliards de centimes de masse salariale que la wilaya doit dégager chaque année et, à partir de là, discuter de l’impact de cette suppression d’un point de vue budgétaire et peser le poids de l’incidence des départs à la retraite par exemple. «Mais je pense que nous serons en mesure de trouver une solution qui préserve l’acquis des travailleurs sans affecter les finances de la wilaya d’Alger», rassure M. Takdjout. Aucune date n’a pour le moment été avancée pour la rencontre entre le wali d’Alger et le secrétaire de wilaya d’Alger de l’UGTA, ainsi que les secrétaires généraux des filiales syndicales des Epic de la wilaya d’Alger et les membres du bureau de wilaya d’Alger. Rappelons que la prime de départ à la retraite et la prime de décès, de l’ordre de 150 000 DA, ont été consacrées par la convention collective de 2013. <