L’examen de fin de cycle primaire est officiellement annulé à partir de cette année scolaire 2021-22, a annoncé le ministre de l’Education nationale Abdelhakim Belabed. Une décision saluée par les syndicats enseignants et les parents d’élèves, qui estiment que cet examen national n’était qu’une «formalité» et qu’une infime partie des candidats échoue à cet examen. La suppression de cet examen permettra, selon le partenaire social, de récupérer une somme d’argent importante consacrée à l’organisation de l’examen de 5e AP.

PAR MILINA KOUACI
Le ministre a fait savoir, jeudi, qu’il a été officiellement décidé d’annuler l’examen de fin d’études primaires et ce, à compter de l’année scolaire en cours 2021-22. Le passage du cycle primaire au cycle moyen se fera, ainsi, en fonction des notes obtenues durant l’année scolaire. M. Belabed a précisé que cette décision intervient après une étude approfondie du calendrier pédagogique de cet examen et que plusieurs mesures pédagogiques, y compris la modification des dates d’examen du troisième trimestre pour les élèves de 5e année primaire, seront prises. L’Organisation nationale des parents d’élèves applaudit la décision d’annuler l’épreuve de 5e, car elle répond notamment aux doléances des parents. Son président, Ali Benzina, estime que cette décision permettra de réduire les dépenses des pouvoirs publics et les efforts déployés pour l’organisation d’un examen national, dont pas moins de 98% des candidats passent au cycle supérieur. Ce dernier demande, en revanche, d’organiser une «session de rattrapage» pour les recalés, qui n’obtiennent pas la moyenne requise pour le passage au cycle moyen.
Quant au porte-parole de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef), Abdelouahab Lamri Zegar, il se demande quelle est la pertinence d’organiser un examen national, dont le taux de réussite de candidat atteint les 99%. «On ne peut s’opposer à la décision de la tutelle, car le maintien de l’examen de 5e AP est inutile», dit M. Zegar. Toutefois, il se dit consterné par «l’attitude du ministère qui n’a pas associé son partenaire social dans la prise de décision et que cette décision d’annulation n’émane pas de la réforme du système éducatif». «Nous regrettons que cette décision ne soit pas le résultat d’une réforme du système éducatif tant réclamée par le partenaire social qui n’est pas, une nouvelle fois, associé à la prise de décision», dénonce notre interlocuteur. Il a insisté sur les modalités d’évaluation des acquis scolaires des élèves du primaire. Il dénonce le passage des élèves au cycle moyen avec un niveau scolaire faible pour certains élèves qui, globalement, échouent dès la 1re année moyenne.
Une vieille revendication pour le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef) et dont le secrétaire général, Boualam Amoura, approuve la décision du ministère de l’Education nationale. «Moins de 3% d’élèves refont le 5e. La suppression de cet examen permettra à l’Etat d’économiser les sommes qu’il mobilise pour assurer le déroulement des épreuves», selon Boualam Amoura, qui plaide pour revenir à l’ancien système d’enseignement de six années au lieu de cinq.