Conséquemment aux révélations d’agressions morales et sexuelles subies par le désormais ancien détenu Walid Nekkiche, un comité national contre la torture a été lancé, hier, par des militants et des avocats réunis au siège de l’association SOS Disparus à Alger.
«Le cas de Walid Nekkiche doit nous interpeller tous.» «Nous ne devons pas rester les bras croisés devant ces pratiques inhumaines exercées sur des Algériens mis en détention.» «Les tortionnaires doivent être jugés», ont clamé les initiateurs de ce comité.
Moumene Chadi, avocat de Walid Nekkiche, a lu à cette occasion une déclaration dans laquelle il était notamment indiqué que «le cas de Walid Nekkiche doit interpeller tout le monde», estimant que «les acteurs de la société civile doivent se mobiliser pour faire barrage à ces pratiques inhumaines». Le même orateur a appelé, par la même occasion, les avocats des détenus «à rendre publics les documents qui témoignent la torture subie» par le jeune étudiant.
Pour sa part, Leila Djerdjer, avocate, estime que «Walid Nekkiche n’est pas le seul détenu à avoir subi ces violences physiques en lieu de détention, la liste est longue. Pas moins de 200 détenus ont subi le même sort», a-t-elle déclaré, citant l’activiste Ibrahim Lalami, qui «a eu des fractures au niveau des mains».
A noter que suite aux révélations de torture faites par Nekkiche, le Parquet général près la Cour d’Alger a décidé de «diligenter une instruction préliminaire sur les faits avancés par le concerné et chargé la police judiciaire compétente de cette mission». «Conformément aux dispositions de l’article 11 du code de procédure pénale, le Parquet général près la Cour d’Alger, après avoir pris connaissance d’un exposé des faits présentés par Monsieur le Procureur de la République adjoint, représentant du Parquet général à l’audience du Tribunal criminel dans le procès du nommé Nekkiche Walid, tenue au siège du Tribunal de Dar El Beïda (Alger), en date du 2 février 2021, et après avoir compulsé l’attestation dressée par le greffier de l’audience concernant le déroulement du procès», a indiqué le Parquet général dans un communiqué.
«Attendu qu’il ressort des deux documents suscités que l’accusé Nekkiche a déclaré lors de son procès, en réponse à une question qui lui a été adressée par sa défense, avoir été victime durant sa garde à vue de violences et d’agressions sexuelles de la part des éléments de la police judiciaire en charge de l’enquête préliminaire», est-il ajouté dans le même communiqué.