La condamnation en appel du blogueur Merzoug Touati, le jeudi 21 juin dernier, par le tribunal criminel de Béjaïa, à 7 ans de prison ferme, est « scandaleuse », a estimé le café littéraire de Béjaïa (CLB), affirmant que cette décision « obéit à des considérations politiques comme cela a été magistralement démontré par le collectif des avocats de la défense lors de leur plaidoirie ».

Réagissant à travers une déclaration rendue publique au lendemain du procès en appel de Merzoug Touati, les animateurs du café littéraire de Béjaïa se déclarent toujours mobilisés pour « continuer à exiger sa libération pour que son séjour en prison soit le moins long possible ».
Ils tiennent, en outre, à « condamner fermement la répression sauvage qui s’est abattue sur les militantes et militants rassemblés pacifiquement devant le tribunal », tout comme ils dénoncent « l’interpellation d’une quarantaine de personnes conduites manu militari au commissariat pour des interrogatoires ».
Selon les responsables du café littéraire de Béjaïa, la « chasse aux militants » s’est même poursuivie loin du tribunal, près de la place Saïd-Mekbel, vers laquelle ils ont tenté de converger pour tenir un rassemblement de dénonciation de la répression.
Par ailleurs, ils saluent « la brave détermination des militants présents au tribunal », tout en exprimant, en revanche, sa « grande déception quant au silence outrageant des directions politiques se réclamant du camp démocratique devant un tel flot d’injustices et de répression policière ». « Peut-on encore se dire démocrate, défenseur des libertés, quand celles-ci sont scandaleusement bafouées sans que la moindre réaction de dénonciation franche ne soit exprimée par ces partis-là ? Quant aux intellectuels… », regrettent-ils.
Ainsi, les animateurs du café littéraire de Béjaïa n’ont pas manqué, cette fois-ci, de fustiger, sans les nommer, une certaine classe politique et autres intellectuels se réclamant de la mouvance démocratique qui se sont montrés « passifs » devant une telle situation.
Rappelons que le rassemblement de soutien à Merzoug Touati, organisé jeudi dernier devant la cour de justice de Béjaïa, a vu la présence de quelques élus du RCD, dont les deux députés de Béjaïa, Nora Ouali et Atmane Mazouz, des élus APW de l’union démocratique et sociale de Karim Tabbou (non agréé), des deux anciennes figures du mouvement culturel berbère (MCB), Djamel Zenati et Arezki Aït Larbi, des animateurs de la LADDH de Béjaïa, ainsi que la présidente du Congrès Mondial Amazigh (CMA), Kamira Nait Sid.