Par Lyes Sakhi
Le gouvernement s’apprête à mettre en place un nouveau dispositif de subvention. C’est ce qui a été annoncé à la publication du «Plan d’action» présenté par le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane au début du mois de septembre. Cette réforme, a-t-il été expliqué, répond à la nécessité de disposer d’un mécanisme de maitrise et de rationalisation des crédits mobilisés chaque année en soutien aux catégories sociales à bas revenus et à faible pouvoir d’achat.
Selon le même argument, elle devient urgente car «il est impératif de passer d’un système de subventions universelles vers un système de subventions ciblées, en faveur des ménages nécessiteux, et ce faisant
garantir l’équité sociale». Quand ce nouveau dispositif sera-t-il lancé ? «La phase de l’étude étant achevée, le gouvernement veillera au lancement de cette réforme dans les meilleures conditions», ont indiqué les services du Premier ministre. Des observateurs estiment toutefois que la conjoncture marquée par la rentrée sociale ne serait pas le moment idéal pour un basculement d’un système duquel ont profité tous les Algériens vers un autre d’où seront exclus les couches sociales ayant des revenus leur permettant de se passer d’une aide directe de l’Etat. C’est en tout cas la formule qui semble avoir été retenue à la lecture des différentes déclarations officielles depuis que le dossier des subventions a été réinscrit à l’ordre du jour des priorités de l’Etat et du gouvernement en janvier 2021.
En début d’année, le chef de l’Etat, M. Tebboune, avait indiqué que la nouvelle politique de subventions sera effective après les législatives qui ont déjà eu lieu en juin dernier et les élections locales prévues le 27 novembre prochain. Les mêmes observateurs s’attendent à ce que son lancement réel ne se fasse qu’en début d’année 2022, une fois les services de l’Intérieur et des collectivités locales, des finances également, soient fin prêts à la phase d’exécution.
Comment cette aide directe sera-t-elle apportée ? D’après les indications disponibles, elle se fera suivant l’élaboration d’un fichier des revenus à partir duquel seront définies les catégories qui lui sont éligibles. L’objectif affiché il y a plusieurs mois par un responsable au ministère de l’Intérieur et des collectivités locales, le directeur général Redouane Mahfoudi, est de faire baisser de 50% la facture des subventions. La conséquence, déjà manifeste pour certains aliments selon certains experts, sera une inclinaison du marché de consommation vers les prix réels et vers une hausse de la valeur du pain, du sucre, du lait, de l’huile et autres produits de base subventionnés.
Cependant, il reste à savoir quel sera le montant de l’aide qui sera apporté aux ménages éligibles et comment elle leur sera apportée, deux questions auxquelles devront certainement répondre les parlementaires de la nouvelle législature quand ils auront reçu la copie du gouvernement à ce sujet. Dans son entretien avec Le Point, début juin 2021, le chef de l’Etat a parlé de «révision profonde des subventions de l’Etat». «L’Etat social reste un principe valable pour les classes moyennes et démunie. Les plus riches ne doivent plus être concernés par les subventions», a-t-il ajouté. Avant lui, son actuel Premier ministre et toujours ministre des Finances avait affirmé aux premiers jours de janvier 2021 que la révision de la politique des subventions ciblera les catégories sociales qui en ont le plus besoin. Entre «classe moyenne» et «nécessiteux», il y aura donc sans doute une clarification qui se fera au sujet des catégories concernées par l’aide de l’Etat. Pour rappel, l’enveloppe destinée aux subventions au titre du budget 2021 a été portée à 17 milliards de dollars. <