Par Khaled Remouche
Le budget 2021 affiché par l’avant-projet de loi de finances complémentaire, qui prévoit des déficits budgétaires et du Trésor records cette année, respectivement – 3 310,8 milliards de dinars et 4 140,4 milliards de dinars – a pour retombée négative l’aggravation de la dette publique interne qui se situera à près de 10 000 milliards de dinars, soit environ plus de 80 milliards de dollars, soit 60% du PIB. Cette situation financière demeure insoutenable à court terme. En effet, si rien ne bouge en termes de dynamique et de réformes économiques, l’Algérie risque d’aller droit dans le mur. En clair, dans ce scénario, notre pays risque de connaître une situation d’extinction de ses réserves en devises dans un à deux ans. Comment en est-on arrivé à ces records en termes de déséquilibre du budget et du Trésor. Il convient de voir le caractère expansionniste du budget 2021 à travers des dépenses budgétaires supplémentaires importantes qui représentent 562 milliards de dinars, soit plus de 4 milliards de dollars, par rapport à la loi de finances initiale. Les besoins de financement du budget 2021 se situent à plus de 30 milliards de dollars. De manière générale, ces enveloppes supplémentaires couvrent en premier lieu les besoins de financements supplémentaires liées à la Covid-19. Il s’agit de la couverture des opérations d’acquisition de vaccins (enveloppe de 8,25 milliards de dinars), d’indemnités aux profits des personnels de santé et de l’intérieur (35 milliards de dinars), de remboursements aux caisses de sécurité sociale, des aides financières octroyés aux
assurés sociaux pour la réalisation de tests de diagnostic de la Covid-19. L’Etat a également pris en charge les incidences financières de la hausse des cours, notamment du lait et du blé, sur les marchés internationaux liées à la pandémie Covid-19. Il s’agit en particulier de la contribution supplémentaire au profit de l’Onil pour la couverture de l’incidence financière induite par les effets conjugués de l’augmentation des cours mondiaux de la poudre de lait et du taux de change, 8 milliards de dinars. Les enveloppes destinées au soutien des prix et aux subventions indirectes sont également importantes dans cet avant-projet de loi de finances complémentaire 2021. Il s’agit de l’apurement partiel (première tranche des créances justifiées de l’OAIC au titre du dispositif de soutien des prix des céréales), 60 milliards de dinars. Ce budget 2021 prévoit également une enveloppe de 21 milliards de dinars au titre de l’appui financier aux opérateurs publics de l’eau (ADE, Onid, ONA et ANBT). La grande nouveauté de cet avant-projet de loi de finances complémentaire 2021 est l’annonce du lancement de la réforme des subventions, c’est-à-dire la réduction ou la suppression des subventions à partir du second semestre 2021. Il s’agit précisément à cet effet d’une dotation d’une enveloppe de 50 milliards de dinars, soit 5 000 milliards de centimes. « Le lancement du programme de compensation monétaire au profit des ménages dans le cadre de la réforme des subventions pourrait intervenir au second semestre 2021 », lit-on dans le texte introductif de l’avant-projet de loi de finances 2021. Il est prévu donc d’accorder des aides financières aux ménages à revenus modestes, en compensation si cette réforme de la libération des prix subventionnés est appliquée, notamment du lait, du pain, de l’huile et du sucre. Mais cette mise en oeuvre est liée à l’institution d’un mécanisme de ciblage des citoyens à revenus faibles. L’application de cette réforme bute sur la difficulté à mettre au point ce mécanisme et qui est à l’origine du report, depuis plusieurs années, de cette mesure qui pourrait alléger le budget de l’Etat en 2022, mais qui pénaliserait les couches moyennes. Enfin, le budget 2021 prévoit 30 milliards de dinars pour financer la couverture des frais liés aux élections législatives et locales. Avec de tels montants, il est clair que pour les observateurs de la scène économique nationale, l’Algérie s’éloigne de l’orthodoxie financière et de la maîtrise de ses dépenses publiques.

Et la «conversion» des moteurs diesel est également possible et montrerait un gain de «moins 40% de consommation de gasoil» selon des tests menés au niveau de Naftal et de l’entreprise de transport de la capitale. «Les gens ne la connaissent généralement pas, mais il est possible d’utiliser des kits Sirghaz à la place du diesel. La première opération de ce type a été faite en 2018 par Naftal qui s’était associée à une entreprise polonaise (…) puis, nous avions lancé l’utilisation sur des bus de l’Etusa et des camions de Logitrans. Et maintenant c’est ouvert au grand public».
Et dans cette même logique d’économie, le président de l’Autorité de régulation des hydrocarbures a révélé que plusieurs projets d’usine de fabrication de kits de conversion serait en cours : «C’est un projet national de Naftal (…) Les négociations sont en cours avec des partenaires italiens et polonais. Le but est de créer deux usines pour les kits dédiés aux moteurs essences et diesel.
Ce sera pour le marché national et pour l’exportation.» D’autres infrastructures industrielles de recyclage et de fabrication des huiles de moteur seraient également en cours, «la consommation du pays est d’environ 160 à 180 000 tonnes d’huile. Une fois usagées elles sont un danger pour l’environnement (…) Il y a trois projets prêts d’usine de production des huiles (…) et 5 autres, dont 3 privés, pour la régénération des huiles usagées». Abordant également la question de la distribution des carburants, le responsable de l’Autorité de régulation des hydrocarbures, a fait savoir que le pays ne comptait que «2 800 stations-services au niveau national», avant d’ajouter que des mesures vont être prises pour revoir la répartition des stations-services. «Un texte est déjà prêt en ce sens et sera bientôt publié (…) Il s’agit de réglementer cette activité et mettre une distance minimale entre chaque station. Dans certaines régions, nous avons 3 ou 4 stations sur moins de 5 kilomètres», a-t-il indiqué. En ce sens, Rachid Nadil, qui annonce que des «encouragements» pour l’ouverture de nouvelles stations dans les zones reculées seront mis en place par l’Etat, a également rappelé que le secteur des carburants était déjà ouvert aux investissements privés : «En 2020, nous avons enregistré plus de 300 dossiers d’investissement.
Il s’agit de projets de stations pour la vente des huiles, des usines de transformation des huiles, de régénérations des huiles usagées, des stations-services ou encore d’investisseurs qui veulent faire la distribution de carburant». Ce dernier point, la distribution de carburant, est pour rappel occupé à 90% par Naftal, mais aussi à 10% par «12 entreprises privées».