L’ensemble des responsables du secteur de la santé au niveau des wilayas ont été destinataires d’une instruction de la tutelle les invitant à mettre en place «le dispositif organisationnel» dans le cadre du lancement prochain de la campagne de vaccination contre le nouveau coronavirus.
Cette instruction, émise au lendemain d’une réunion par visioconférence avec les directeurs de la santé et de la population (DSP) des 48 wilayas, est à l’adresse aussi bien des responsables du secteur public que privé retenus pour l’opération de vaccination, dont les directeurs des établissements hospitaliers, des établissements hospitaliers spécialisés (EHS), des établissements hospitaliers publics et privés, des établissements publics de santé de proximité (EPSP), des établissements de santé privés, ainsi que du directeur général de l’EHU d’Oran et de ceux des Centres hospitalo-universitaires (CHU). Dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19, la direction générale de la prévention et de la promotion de la santé (relevant du ministère de la Santé), a demandé, à travers son instruction datée du 11 janvier, à l’ensemble des concernés de «mettre en place le dispositif organisationnel afin de permettre son opérationnalité au moment du lancement officiel de la campagne et pendant toute sa durée».
La correspondance définit les différents intervenants dans la mise en œuvre de la campagne ainsi que leurs missions respectives. Les DSP sont, ainsi, tenus, sous l’autorité des walis, d’élaborer «un plan de mise en œuvre de la campagne» qui consiste, entre autres, à identifier les équipes chargées de la coordination et du suivi des opérations au niveau de chaque wilaya, à identifier un seul lieu de stockage sécurisé des vaccins, à mettre en place la logistique en coordination avec les EPSP, EPH, EHS et CHU en identifiant les personnel, les capacités de stockage, la chaine de froid, la traçabilité ainsi que les moyens nécessaires à la vaccination. Il leur est également demandé d’«estimer le nombre de personnes à vacciner par wilaya et par établissement, fixes et mobiles, en tenant compte de la population à vacciner». Les instructions concernant également l’étape qui vient après le lancement de la vaccination, à savoir «procéder à une évaluation, donner le taux de couverture, la population couverte» mais aussi «déterminer le nombre de contre-indication à la vaccination, les effets indésirables (nombre et nature)». La coordination entre les différentes structures chargées de la vaccination devrait, par ailleurs, être facilitée.
Pour leur part, les EPSP sont chargés de désigner les centres vaccinateurs en collaboration avec les DSP selon les directives nationales, de procéder à «l’évaluation des personnes ressource et une estimation du nombre d’équipes vaccinatrices (fixes et mobiles), en tenant compte de la population à vacciner». Il leur est, également, demandé d’assurer la logistique à leur niveau, dont les moyens de stockage et leur vérification, notamment la chaine de froid, et de mobiliser tous les moyens nécessaires, dont glacières et ice box, moyens de transport pour les équipes mobiles ainsi que les groupes électrogènes. Assurer la traçabilité et faire ensuite une évaluation par EPSP sont aussi prévus puisque ces derniers devront évaluer «le nombre de personnes vaccinées par tranches d’âge et en fonction de la sou-population d’appartenance, pourcentage de la population couverte, contre-indications à la vaccination et effets indésirables» ainsi que le nombre d’équipes mobilisées et les moyens matériels utilisés.
De leur côté, les EPH sont chargés d’assurer «un appui logistique» à la campagne de vaccination par «la mise en commun des moyens humains et logistiques avec les EPSP, notamment en matière de stockage des vaccins, la chaine de froid, etc.» Il s’agit également pour les EPH d’organiser la vaccination du personnel de santé relevant de leur structure.
Concernant les CHU, les EHU et les EHS, l’instruction de la direction générale de la prévention indique qu’ils doivent «assurer un appui logistique à cette campagne de vaccination par la mise en commun des moyens humains et matériels avec les DSP, notamment en matière de stockage du vaccin et la chaine de froid». Chaque établissement aura la charge d’organiser la vaccination de son personnel de santé.
Plusieurs missions sont définies pour les centres vaccinateurs. Elles ont pour objectif de «faciliter l’accueil des personnes, vacciner la population cible dont ils ont la charge selon les directives nationales, s’assurer que les équipes vaccinatrices disposent des moyens nécessaires à la vaccination» et à «l’enregistrement des actes vaccinaux, à savoir le registre de vaccination, le registre des effets secondaires, la carte de vaccination et les supports d’évaluation».
Il s’agit, par ailleurs, d’identifier les centres vaccinateurs en fonction de la population cible, comme les polycliniques, les unités de médecine du travail, les unités de vaccination des SEMEP ainsi que les équipes mobiles. D’autres centres peuvent, toutefois, être réquisitionnés en cas de besoin, selon la direction générale de la prévention
L’instruction définit également les équipes vaccinatrices dont chacune doit «obligatoirement être composée d’un médecin, d’un agent administratif pour les démarches d’enregistrement et autres, de deux ou trois agents vaccinateurs (paramédicaux) selon l’importance de la population à vacciner». L’équipe vaccinatrice doit «effectuer un examen médical avant l’acte vaccinal, réaliser l’acte conformément aux directives techniques, enregistrer l’acte vaccinal, garder en observation 30 jours les personnes vaccinées et, enfin, prendre en charge les manifestations allergiques immédiates pouvant survenir après la vaccination».
«Cette équipe doit disposer du matériel nécessaire à l’examen avant l’acte vaccinal, à l’enregistrement de cet acte et à la prise en charge d’éventuel choc anaphylactique», est-il souligné dans l’instruction de la direction générale de la prévention que chapeaute Dr Djamel Fourar.
Concernant les populations cibles prioritaires, il s’agit du personnel de santé, du personnel assurant les activités essentiels et stratégiques du pays, des personnes âgées de 65 ans et plus et des malades chroniques âgées de 18 ans et plus.
Il convient de noter que des journées d’information et de formation sont prévues en direction des personnels chargés de la campagne de vaccination. n