Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, a donné hier au Palais de la culture Moufdi-Zakaria une conférence de presse revenant, brièvement, sur le bilan du Salon, mais surtout sur l’état et les perspectives du marché du livre en Algérie.

Cette conférence intervient au lendemain de la clôture de la 23 édition du Salon International du livre d’Alger (SILA) présenté comme une «réussite», avec la venue, précise-t-on, de près de 2,3 millions de visiteurs ou encore une «très forte participation chinoise qui a honoré la culture et le pays». Le ministre de la Culture a débuté son allocution en saluant le travail des éditeurs nationaux, notant en ce sens qu’au cours de cette édition du Sila 2018 «nous avons remarqué une professionnalisation du travail des éditeurs algériens. Leurs stands ont été très visités par les lecteurs et ils ont organisé des ventes dédicaces».
«Il n’y a pas de police du livre»
Par ailleurs, relativisant la question des livres «interdits», en notant qu’il ne s’agissait que de 65 titres sur près de 300 000 ouvrages proposés au public, le ministre ajoute qu’«il n’y a pas de police du livre. Ce n’est pas un contrôle. Mais il s’agit de titres qui ne coïncident pas avec la ligne du Salon du livre. Ils pourraient être disponibles ailleurs.»
Azzedine Mihoubi a noté par ailleurs que les éditeurs étrangers respectaient de plus en plus la loi algérienne en rappelant qu’en 2002 le Sila avait alors «émis des réserves sur
3 500 titres».
A l’occasion de cette rencontre avec les médias, le ministre de la Culture annoncera – en précisant qu’il s’agissait d’une action prévue dans le cadre du rayonnement de la culture algérienne – que le pays avait reçu à l’issue du Sila des invitations pour participer à des manifestations littéraires au Canada, au Bahreïn ou encore au prochain salon du livre de la Havane programmé en février 2019. Azzedine Mihoubi à déclaré plus précisément à ce sujet que «Cuba a déjà pris en charge la traduction de vingt ouvrages d’auteurs algériens».
Des mesures pour structurer le marché du livre
La conférence du ministre de la Culture était néanmoins axée sur les perspectives du secteur de l’édition et de la fabrication du livre, une activité culturelle mais également commerciale, qui seraient selon le ministre beaucoup plus dynamiques que ce qui en est généralement rapporté. Il a déclaré en substance «si le livre ne se vend pas, pourquoi les éditeurs présents au Salon sont satisfaits». Azzedine Mihoubi a ainsi fait savoir hier que «depuis plus de six mois, et en application d’une décision du gouvernement», le livre algérien bénéficiait des mêmes avantages à l’exportation que les autres produits (hors hydrocarbures). En effet, appelant ici les éditeurs à se montrer «plus enclins à se tourner vers les marchés extérieurs».
Azzedine Mihoubi ajoutera à une question relative à une demande – ancienne – des professionnels du livre d’instaurer une TVA à 0% sur le livre que «les portes du ministère sont ouvertes. Nous demandons à ce qu’une réunion soit faite avec les deux syndicats d’éditeurs et que des mesures fonctionnelles soient proposées et nous les transmettrons au Premier ministre».
Affichant en ce sens la volonté de restructurer le marché du livre algérien en se basant sur des données issues de la réalité du terrain, la rencontre organisée hier aura par ailleurs été l’occasion de communiquer les premiers résultats d’une étude statistique commandée par le Centre national du livre (CNL), sur l’état de la lecture en Algérie.

40% des lecteurs s’orientaient  en priorité vers  le roman
Ainsi le projet «débuté en octobre 2018» toujours en cours d’exécution par le «laboratoire de gouvernance économique institutionnelle et croissance durable» (Lagic), montrait déjà que sur un échantillon de 1 000 personnes, rééparties, pour le moment dans 10 wilayas du pays, dont Alger, Tizi-Ouzou, Tipaza, Batna ou Laghouat, 40% des lecteurs s’orientaient en priorité vers le roman, que les ouvrages étaient à 68% en arabe, 41% en français et 12% en anglais ou encore que 41% des sondés déclaraient consacrer une heure par jour à la lecture.