Alors que la grande majorité des barrages du pays accuse de bas niveaux de remplissage, dont certains ont atteint la côte d’alerte, la stratégie de multiplier le nombre de stations de dessalement d’eau de mer, comme l’a exhorté le chef de l’Etat, s’avère urgente.

Par Bouzid Chalabi
Une alternative incontournable, d’autant qu’il n’est plus possible d’assurer les quantités suffisantes du précieux liquide aux populations des grands centres urbains du nord du pays à partir des barrages enregistrant des moyennes de remplissage très en deçà de la demande. Une tendance à la baisse qui s’est accentuée ces dernières années sous l’effet de la rareté des épisodes pluviométriques censés alimenter les barrages et les nappes phréatiques.
Maintenant, il s’agit de savoir, d’une part, comment accélérer la réalisation des stations de dessalement dans les zones côtières et, d’autre part, chercher la solution la plus appropriée pour assurer un volume de distribution plus ou moins acceptable aux populations résidant dans des régions non desservies par des stations de dessalement. Pour l’heure, il faut savoir que dans certaines villes, les tranches horaires de distributions ont été revues à la baisse. C’est surtout le cas dans la ville de Béjaïa et d’autres chefs-lieux où les autorités locales ont été contraintes de mettre en place un régime de distribution drastique à la suite de l’assèchement du barrage Tichi Haf, censé assurer la demande en eau potable de toute la wilaya. Mais pas seulement, puisque selon des échos qui nous sont parvenus, la situation en matière d’alimentation en eau potable des zones urbaines est tout aussi critique à l’ouest du pays où certaines localités sont effectivement sous pression pour cause d’une très faible offre du précieux liquide.
Cela dit, dans les villes loin des côtes, le retour à une distribution moins drastique est tributaire des pluies d’automne, mais cela reste aléatoire. A ce propos, de nombreux experts en ressources hydriques se rejoignent à dire que «se focaliser sur les eaux superficielles et la générosité du ciel ne sera pas suffisant pour étancher la soif de la population en augmentation constante et des autres secteurs demandeurs d’eau, tels que l’agriculture ou l’industrie». C’est pourquoi ces derniers sont d’avis à ce que les pouvoirs publics mettent les bouchées doubles afin de multiplier au plus vite le nombre de stations de dessalement d’eau de mer, «quand bien même cette option est budgétivore. Nous n’avons plus le choix compte tenu de l’importante concentration des populations dans la frange septentrionale du pays».
Toujours dans ce même ordre d’idées, d’autres experts évoquent le recours aux ressources hydrauliques souterraines. Disons enfin que l’Algérie étant considérée comme pays semi-aride et conjuguée au bouleversement climatique, une question s’impose : au rythme d’une demande exponentielle pour encore combien d’années le pays pourra continuer à puiser ses ressources conventionnelles ? Les dernières études menées dans ce sens recommandent de revoir de fond en comble notre modèle de gestion des ressources hydriques du pays basé sur l’apport en eau non conventionnelle. <