La réalité hydrique au niveau de la wilaya de Béjaia appelle des «solutions urgentes» d’anticipation et de renforcement de la résilience du territoire au stress hydrique, préconise un document de commission hydraulique de l’Assemblée populaire de wilaya (APW). Dans ce rapport, dont l’APS détient une copie, il est souligné «l’impératif de privilégier l’alternative au recours aux eaux conventionnelles par le dessalement des eaux de mer, de réduire les rejets ainsi que d’épurer et réutiliser les eaux de stations d’épuration». L’ensemble des enjeux de qualité, quantité, disponibilité et de gestion de la ressource en eau à travers la wilaya doivent être, à cet effet, «réexaminés et reconsidérés à l’aune des changements climatiques, des perspectives démographiques et de la transition énergétique». Comme bon nombre de wilayas du pays du même type de climat méditerranéen, la wilaya «traverse une période difficile résultante des sécheresses répétitives des 3 dernières années qui impacte le renouvellement de la ressource hydrique. Un phénomène auquel s’ajoute, est-il relevé, la vulnérabilité et la surexploitation des ressources en eau souterraines, leur pollution par les rejets solides ou liquides, l’envasement des barrages d’eau (3/4 pour celui d’Ighil Mda)» et le gaspillage et les pertes. La situation dans le principal bassin hydrique de la wilaya, la vallée de la Soummam, est, également, jugée «très inquiétante» des suite, entre autres, des mêmes conditions, naturelle et humaine, note le même document. Il énumère, à ce propos, la réduction drastique des précipitations (535 mm en 2018 pour 275 en 2020 – 2021) et de la capacité de stockage du barrage de Tichy-Haff en proie à l’envasement, la salinité de la nappe alluviale (8gr/L alors que la norme est de 2gr/L), ainsi que la pollution, la surexploitation et le gaspillage. Par ailleurs, est-il encore souligné dans ce rapport rendu public récemment, «la demande actuelle en eau dépasse largement les quantités disponibles» ce qui a entraîné la révision du programme de distribution à partir du mois d’août dernier avec un accès 1 jour sur 3 pour certaines communes et 1j/5 dans d’autres. (APS)