La stratégie nationale de la campagne de vaccination contre le nouveau coronavirus, ainsi que la campagne de sensibilisation et les précisions sur les populations cibles ne sont toujours pas connues, alors que la première semaine de janvier vient de s’écouler et que le début de la vaccination est attendu pour le mois en cours.

Si la vaccination doit débuter durant les trois semaines qui restent de janvier, le retard enregistré en matière de communication et de sensibilisation pourrait influer négativement sur la population et sur le personnel en charge de la vaccination. C’est, en somme, ce qu’estiment les professionnels de la santé, cela d’autant que les avis recueillis auprès de la population renseignent à plus d’un titre qu’une bonne partie laisse apparaitre son «appréhension» quant au fait de se faire vacciner avec un vaccin dont elle ignore, surtout, les effets secondaires.
Les praticiens estiment qu’avant de lancer la vaccination, la campagne de sensibilisation, qui tarde à voir le jour, envers la population s’impose, car elle aiderait à convaincre de l’impérieuse nécessité de se faire vacciner. «Il est important que les citoyens soient convaincus de la nécessité de se faire vacciner, qu’ils reçoivent les informations dont ils ont besoin pour adhérer de leur plein gré. Il est important qu’ils sachent qu’il n’y a aucun remède contre le coronavirus à part le vaccin», nous a déclaré un médecin, qui déplore que «jusqu’à présent, les citoyens n’ont pas encore eu droit à cette sensibilisation». Il va jusqu’à mettre en doute qu’une campagne de sensibilisation soit mise au point tant elle a tardé à être visible sur le terrain.
Pour convaincre la population de l’importance de la vaccination, il y a lieu d’entreprendre «une campagne de sensibilisation agressive en mettant à contribution aussi bien les professionnels de la santé que l’ensemble des médias», a ajouté ce médecin. Il a, toutefois, déploré que lui-même ainsi que bon nombre de la corporation, en tant que professionnels de la santé, ne peuvent rien entreprendre dans ce sens puisqu’aucune donnée ne leur a été transmise par les autorités concernées, à part le recensement des aires de stockage garantissant une température entre 2°C et 8°C pouvant servir à la conservation des doses du vaccin russe Spoutnik V choisi pour le début de la vaccination et la mobilisation du personnel.
C’est un avis que partage le Dr Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), qui confirme le retard enregistré aussi bien sur le plan de la mise à disposition du calendrier de la campagne de vaccination que sur celui de la sensibilisation de la population, soulignant qu’il n’y a pas encore eu de communication officielle à ce sujet. «Il n’y a toujours pas de communication ou de note officielle concernant les précisions de la stratégie de la campagne de vaccination ou encore sur la campagne de sensibilisation pour encourager les citoyens qui appréhendent de se faire vacciner», a-t-il dit.
Pour lui, si la décision est prise officiellement par les autorités du pays à lancer la campagne de vaccination le mois courant, «on ne peut que dire qu’on est très en retard par rapport à la campagne de sensibilisation». Le Dr Merabet a souligné qu’à part l’instruction envoyée aux structures sanitaires pour l’établissement d’un l’état des lieux de la logistique, à savoir les moyens de stockage, de réfrigération et de transport, il n’y a pas encore de communication concernant le personnel de la santé qui doit être mobilisé pour cette campagne et s’il doit être éventuellement formé pour ce nouveau vaccin, ni sur les catégories des populations ciblées par cette campagne.
Les professionnels de la santé sont toujours en attente des éclaircissements concernant la campagne de vaccination puisque, jusqu’à l’heure, ils ne connaissent que les grandes lignes, à savoir que la campagne doit débuter le mois courant et touchera, en premier lieu, les malades chroniques, les personnes âgées, le personnel de la santé tous corps confondus, aussi bien du secteur public que privé, les corps constitués, notamment ceux qui travaillent en collaboration avec le secteur de la santé comme la Protection civile, etc.
Ainsi, ils ignorent tout des précisions qui doivent être connues avant le coup ce starter de la vaccination, à savoir comment celle-ci se fera-t-elle, où et par qui commencer au juste. A ce propos, il y a lieu de rappeler que le Dr Mohamed Bekkat Berkani, président du Conseil national de l’Ordre des médecins et membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, a indiqué récemment, dans une déclaration à Reporters, qu’il serait utile de mettre à contribution la Caisse nationale de sécurité sociale (CNAS) pour avoir le listing des malades chroniques, ce qui permettra de faire le ciblage adéquat de cette catégorie.
Il est utile de rappeler que dès qu’il y a eu l’annonce du vaccin choisi par l’Algérie, les professionnels de la santé ont attiré l’attention qu’il fallait mettre au point et lancer très vite une campagne de sensibilisation afin de réussir la vaccination.