L’Opep et ses alliés parmi les producteurs non-Opep s’attendent à ce que les stocks mondiaux de pétrole continuent de baisser dans les prochains mois. C’est ce qu’a indiqué, hier, le secrétaire général de l’Opep, Mohammad Barkindo, suggérant que les efforts des producteurs réunis sous la casquette de l’Opep+ pour soutenir le marché portent leurs fruits.

Par Hakim Ould Mohamed
Selon les estimations du secrétaire général de l’Opep, les stocks de pétrole dans les pays développés ont chuté de 6,9 millions de barils en avril. Lors d’une visioconférence tenue, hier, à l’occasion du Nigeria International Petroleum Summit, les stocks enregistrent une baisse de 160 millions de barils sur une année, à savoir d’avril 2020 à avril 2021. «Nous nous attendons à voir les stocks mondiaux de pétrole baisser davantage dans les mois à venir», a indiqué Mohammad Barkindo, dont les propos ont été répercutés par l’agence britannique Reuters. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et alliés – réunis sous la casquette d’une alliance connue sous le nom de l’Opep+ – a décidé en avril dernier de remettre 2,1 millions de barils par jour (bpj) sur le marché de mai à juillet. Les producteurs sont restés fidèles à cette décision lors de leur réunion tenue la semaine dernière, entrainant ainsi une hausse des prix du pétrole. «Le marché a continué de réagir positivement aux décisions que nous avons prises, y compris les ajustements à la hausse des niveaux de production à partir de mai de cette année», a estimé Mohammad Barkindo, apparu au Nigeria lors d’une visioconférence. Sur sa lancée, il n’a pas manqué de noter que l’accélération des campagnes de vaccination à travers le monde et les «mesures de relance budgétaire massives» ont contribué à des perspectives optimistes, soulignant que la disponibilité inégale des vaccins dans le monde, l’inflation élevée et la hausse des cas de contamination au COVID-19 dans certaines régions étaient des risques continus pour la demande de pétrole. Le secrétaire général de l’Opep a annoncé à la même occasion que le taux de conformité aux restrictions de la production imposées par l’Opep+ a atteint 114% en avril. Le groupe de l’Opep+, faut-il le rappeler, a réduit sa production d’un record de 9,7 millions de bpj l’année dernière alors que la demande s’effondrait sous l’effet de la pandémie de COVID-19 qui sévit depuis plus d’une année. A partir de juillet, les coupes de productions seront ramenées à 5,8 millions de b/j, en application du calendrier des restrictions arrêté en avril dernier. Interrogé au sujet de l’accélération de la transition énergétique dans le monde et le désengagement des grandes majors des énergies fossiles, Mohammad Barkindo a indiqué que ces changements sont pris sérieusement en compte au sein de l’Opep, mais l’économie mondiale aura toujours besoin de pétrole. «Nous encourageons tous nos pays membres à continuer d’investir dans les énergies renouvelables, mais aussi à continuer de répondre à la demande mondiale en hydrocarbures», a-t-il déclaré. Le désengagement des compagnies pétrolières et gazières des énergies fossiles fait avaler des poires d’angoisse à certains producteurs, pris en tenaille entre l’impératif d’accélérer les investissements dans les énergies fossiles aux fins de répondre aux contraintes budgétaires auxquels sont confrontés et le besoin de diversifier leurs sources d’énergie pour renforcer leur résilience aux changements auxquels est voué l’industrie pétrolière et gazière mondiale. <