Par Hakim Ould Mohamed
Après avoir atteint des niveaux problématiques durant l’année dernière, conséquemment à la chute de la demande mondiale de pétrole et à la récession qui a touché l’ensemble des économies occidentales, les stocks excédentaires de pétrole ont été presque entièrement épuisés. Les stocks fondent au fur et à mesure que la demande mondiale reprend et que les programmes de vaccination se déploient aux États-Unis et en Europe, contribuant à stimuler le trafic routier et la consommation de brut. Cependant, les principales agences mondiales de prévision pétrolière jouent la prudence depuis quelques semaines, compte tenu de la résurgence des contaminations à grande échelle dans certains pays émergents, considérés comme grands consommateurs de pétrole, dont l’Inde, le Japon et le Brésil. L’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’administration américaine d’information sur l’énergie (EIA) et l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ont accordé leurs violons pour dire que les stocks mondiaux de pétrole accumulés dans les pays développés de l’OCDE ont pratiquement disparu, car les producteurs réunis sous la casquette de l’Opep+ ont maintenu la discipline, tandis que la demande s’est nettement redressée. C’est ce qu’on peut lire en tout cas dans leurs derniers rapports, non sans mettre une note de pessimisme quant à une demande qui pourrait s’avérer moins robuste que prévu en 2021. Les stocks commerciaux excédentaires dans les pays de l’OCDE, qui ont atteint 270 millions de barils en 2020, au-dessus de leur moyenne de 2015-2019, ont considérablement baissé. Cependant, l’épuisement accéléré des stocks sous l’effet des mesures de limitation de l’offre prises par l’Opep+ pourrait ne pas être un facteur plaidant en faveur d’une levée éminente des restrictions de la production. Même si l’absorption des stocks était le principal objectif que s’est fixé l’Opep+ depuis mai 2020. En effet, l’Opep+ pourrait ne pas rouvrir totalement les robinets, étant donné que les prévisions de demande mondiale de pétrole ont été revues légèrement à la baisse. L’AIE et l’Opep tablent sur un déficit de consommation de 4 millions de barils par jour de moins durant le second trimestre de l’année par rapport à la moyenne de la même période de 2019. L’EIA s’attend quant à elle à un déficit de 3,4 millions de barils. En clair, l’AIE s’attend à ce que la demande de pétrole augmente de seulement 5,42 millions de barils par jour en moyenne cette année, contre une prévision initiale de 5,69 millions de barils il y a un mois, alors que l’Opep préfère jouer la prudence en maintenant inchangées ses projections pour 2021.