Les rencontres bilatérales regroupant le ministère de l’Education nationale avec les syndicats du secteur se sont poursuivies hier pour le deuxième jour. La rencontre a connu trois séances bilatérales ayant regroupé l’Union nationale des professionnels de l’éducation et de la formation (Unpef), le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement primaire (Snapep), ainsi que l’Union des travailleurs de l’éducation.

Par Milina Kouaci
Comme convenu, la tutelle a débattu avec son partenaire social des dispositions et mécanismes de révision du statut particulier des travailleurs et des questions à caractère socioprofessionnel. D’ailleurs, au cours de ces réunions de travail, le ministère a soumis à son partenaire social un projet portant sur le statut particulier des travailleurs de l’éducation.
«Le ministère nous a soumis une copie d’un projet de statut particulier pour enrichissement et concertation», indique Abdelouahab Lamri Zegar, porte-parole de l’Unpef. La tutelle a pour objectif d’associer son partenaire social dans l’élaboration du statut particulier des travailleurs mais sans pour autant «établir un calendrier de travail». «Nous avons travaillé pendant trois ans sur ce dossier et, aujourd’hui, nous sommes obligés de refaire le travail ex nihilo», poursuit le porte-parole de l’Unpef qui fait savoir que l’Unpef a convoqué une réunion extraordinaire aujourd’hui pour évaluer sa rencontre avec la tutelle.
L’actuel statut particulier, selon les syndicats du secteur, contient des incohérences qui impliquent sa révision, à l’image «du classement des enseignants des trois cycles d’enseignement».
Le ministère s’est engagé à prendre en charge les revendications du corps enseignant suivant les instructions des hautes autorités, souligne M. Zegar.
Les syndicats ont mis en avant «les revendications relatives à l’amélioration du pouvoir d’achat, au droit à la retraite sans condition d’âge ainsi que la révision des statuts et du point indiciaire en urgence».
Sur un autre volet, le ministère a affiché à son partenaire social son «mécontentement» des actions de protestation qui se poursuivent depuis quelques semaines, notamment celles qui se tiennent sans couverture syndicale. «Nous leur avons simplement demandé l’application en urgence du décret présidentiel 266/14 et d’attribuer une prime au personnel du secteur pour apaiser la colère des enseignants qui sont sortis dénoncer l’érosion du pouvoir d’achat», relate le porte-parole de l’Unpef.
D’ailleurs, le Collectif des 14 syndicats qui a appelé à la grève de trois jours, les 9, 10 et 11 mai, s’est réuni dans l’après-midi d’hier au siège de l’Unpef à Alger, afin d’aborder à nouveau la situation et évaluer les rencontres bilatérales avec le ministère de tutelle. La prochaine rencontre prévue pour dimanche prochain sera consacrée aux inspecteurs de l’Education nationale. Ces rencontres interviennent suite aux protestations observées par les enseignants des trois paliers d’enseignement et les différents corps relevant du secteur pour soulever des revendications pédagogiques et socioprofessionnelles. Cette rencontre intervient également dans le cadre de la mise en œuvre des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a ordonné, lors du Conseil des ministres, présidé le 2 mai, d’ouvrir le dialogue avec les différents partenaires sociaux en vue d’améliorer la situation socioprofessionnelle des affiliés au secteur et de réviser le statut de l’enseignant.