Dans le cadre de la poursuite du dialogue et de finaliser le statut particulier des professionnels de la santé, le ministre de la Santé Abdelhak Saihi a reçu, avant-hier, au siège du ministère les membres du Syndicat national algériens des psychologues (Snapsy) menés par le président du syndicat Khaled Keddad, en présence de cadres de l’administration centrale.

Par Sihem Bounabi
Lors de cette rencontre, les psychologues n’ont pas manqué de soulever leurs préoccupations et attentes notamment concernant la révision du statut particulier, la formation et leur marginalisation au niveau des établissements de santé.
Concernant le dossier du statut particulier des psychologues de santé publique, Khaled Keddad, tout en insistant sur la nécessité d’apporter de sérieux amendements au statut particulier actuel, a tenu à informer le premier responsable du secteur de la santé de plusieurs dysfonctionnements et difficultés d’appliquer le statut actuel au niveau des établissements de santé publique.
Le président du Snapsy affirme à ce sujet que de nombreux établissements de santé publique ne reconnaissent pas le rôle et le champ d’action des psychologues dans le système de santé en tant que corps à part entière. Pire encore, les responsables et les gestionnaires au niveau de ces structures de santé ne sont même pas au courant du contenu du statut particulier des psychologues en tant que corps à part entière avec des tâches et des prérogatives qui continuent d’être ignorées aujourd’hui. Il affirme au ministre de la Santé que «ce manque de reconnaissance et d’appréciation» de la part des responsables et gestionnaires de structure de santé a pour fâcheuse conséquence de «ne pas fournir les moyens de travail et l’équipement nécessaire pour mener à bien les tâches assignées aux psychologues». De même, beaucoup de gestionnaires d’établissements de santé publique continuent de classer les psychologues parmi des corps auxquels ils n’appartiennent pas.
Cette anomalie dans la classification a notamment pour conséquence une «discrimination entre les salariés et le non-respect du principe d’égalité dans l’application du volume horaire de travail légalement défini» dénonce le syndicaliste. Soulignant à ce sujet que «la plupart des établissements de santé publique imposent aux psychologues de travailler huit heures par jour et ferment les yeux sur certains services qui ne répondent pas pleinement au volume horaire quotidien et hebdomadaire légalement défini».
Khaled Keddad soulève également le problème récurrent de marginalisation des psychologues au niveau de nombreuses structures de santé notamment à travers l’indisponibilité d’espace de travail pour les psychologues du fait que «les cabinets d’examen psychologique dédiés aux psychologues sont mis à la disposition d’autres spécialités médicales sous prétexte qu’elles sont prioritaires» Il ajoute dans ce sillage «la privation du droit à la promotion sous prétexte de manque de disponibilité de postes budgétaires» et «l’exclusion des psychologues des organes consultatifs tel que le Conseil médical et scientifique sous prétexte d’application de la loi alors que cela est erroné».
Le président du Snapsy a confié au ministre de la Santé que l’accélération de la publication des décrets d’application de la loi sur la santé 2018 résoudrait de nombreux problèmes juridiques et réglementaires dans le secteur de la santé.
Par ailleurs, le dossier de la formation, notamment celui de la formation continue a également été abordé avec le constat d’«un grave manque de possibilités de formation continue sous toutes ses formes». En ce qui concerne le volet de la formation universitaire et de la formation continue, Keddad Khaled a rappelé au ministre de la Santé que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique n’a pas répondu à la correspondance officielle du ministère de la Santé en date du 18 octobre 2018 concernant la révision de la formation universitaire en psychologie. Il souligne que le secteur de la santé, en tant qu’employeur, a le droit d’exiger l’adaptation des programmes pédagogiques de formation aux besoins évolutifs du secteur de la santé. Il pointe ainsi du doigt le fait que «le secteur de l’enseignement supérieur continue de dispenser des formations sans aucune consultation avec le secteur de la santé».
Après avoir écouté l’exposé du président du Snapsy ainsi que ses demandes et propositions pour trouver des solutions aux différents problèmes exposés, le ministre de la Santé a qualifié «les demandes légitimes» exprimant «sa volonté de s’en occuper».
Abdelhak Saihi a également renouvelé son intention d’ancrer un «dialogue, travail consensuel pour trouver des solutions pérennes aux problèmes rencontrés par les psychologues» et s’est notamment engagé à inclure les propositions du Snapsy dans le projet de révision du statut particulier des psychologues.
Concernant le volet de la marginalisation des psychologues du secteur de la santé, le ministre de la Santé a donné des instructions claires aux gestionnaires centraux afin de remédier à cette situation de manière à redonner de la considération aux psychologues du secteur de la santé publique. Le ministre a aussi souligné l’importance de la formation continue de tous les professionnels de la santé avec la nécessité d’augmenter le budget financier qui lui est alloué. <