Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé hier vendredi les Etats-Unis d’avoir «jeté une bombe du Proche-Orient» en déclarant Jérusalem (Al Qods) comme capitale d’Israël. M. Erdogan s’est exprimé sur le sujet lors de la cérémonie d’inauguration de la première ligne de métro automatique à Istanbul. 

Mercredi dernier, lors du Sommet de l’Organisation de Coopération Islamique (OCI) dans la métropole turque, ses 57 Etats membres ont appelé la communauté internationale à reconnaître Jérusalem-Est comme capitale de l’ «Etat palestinien». «Les musulmans ne peuvent pas accepter (…) qu’on s’efforce de faire de Jérusalem la capitale d’un Etat terroriste», a déclaré M. Erdogan, dans une allusion à Israël. Dans une précédente allocution vendredi, le président turc avait indiqué que son pays allait demander aux Nations unies d’annuler la décision américaine. «Nous allons d’abord saisir le Conseil de sécurité. S’il y a un veto (des Etats-Unis, qui sont membres de ce conseil), nous oeuvrerons au sein de l’Assemblée générale de l’ONU pour faire annuler cette décision injuste et illégale», a –t-il dit alors que de nouveaux heurts ont opposé hier Palestiniens et forces israéliennes, faisant deux morts et des dizaines de blessés parmi les Palestiniens. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans la bande de Ghaza et des milliers à Jérusalem (Al Qods) et en Cisjordanie occupée à la sortie de la prière musulmane hebdomadaire. Depuis le début des manifestations le 7 décembre, plusieurs Palestiniens ont été tués au total et des centaines blessés par les forces israéliennes. Des dizaines ont par ailleurs été arrêtées. Le Hamas, qui avait exhorté à une «nouvelle intifada» aussitôt après l’allocution du président américain Donald Trump sur Jérusalem le 6 décembre, a appelé à faire de chaque vendredi une «journée de rage». A Jérusalem (Al Qods) même, où 30 000 fidèles ont prié sur l’esplanade des Mosquées selon la fondation qui administre le site, les policiers se sont vigoureusement empoignés dans la Vieille ville avec des dizaines de personnes sorties de la prière en agitant de grands drapeaux palestiniens. Pour les Palestiniens, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël ne préjuge pas seulement du résultat de négociations dont le statut de la ville devrait faire l’objet. Elle nie l’identité arabe de Jérusalem-Est, annexée et occupée par Israël, et mine leur aspiration à établir un jour la capitale de leur futur Etat à Jérusalem-Est. Un récent sondage du respecté Centre palestinien de recherche politique indique que 45% des Palestiniens sont favorables à un soulèvement populaire pour résoudre le vieux conflit avec Israël. Il y a trois mois, 35% préconisaient la résistance armée et, pour le directeur de l’institut, Khalil Shikaki, la «seule explication possible» de cette augmentation est la décision de M. Trump.