Les dernières statistiques publiées hier par l’Office national des statistiques (ONS) révèlent à nouveau l’impact très négatif opéré par la crise sanitaire liée au virus de la Covid-19 sur l’économie. Les chiffres que l’Office a divulgué hier via l’agence de presse officielle APS concernent le secteur public des industries exclusivement. Ils montrent combien la machine productive dans le pays s’est fortement grippée jusqu’à connaître un recul de 14,1% durant le second trimestre 2020, en comparaison avec la même période durant l’exercice précédent de 2019.

Selon l’ONS, la forte empreinte de la crise sanitaire durant les trois premiers mois de 2020 s’est confirmée à l’évaluation des performances pour l’ensemble du semestre de l’année où la variation moyenne de la production industrielle du secteur public s’est située à -10,4%. D’après la même source, la baisse a concerné toutes les activités industrielles.
Secteur performant en comparaison aux autres, sans doute mieux outillé pour nuancer le poids négatif de la crise sanitaire, mais confronté à une évolution problématique de gestion et de marché, l’énergie a vu sa production baisser de 6,8% au 2e trimestre 2020 tandis que, précisément, les performances en hydrocarbures ont reculé de 8,5%.
Ce repli, explique l’Office national des statistiques, est le résultat des contreperformances de la branche «pétrole brut et gaz naturel» où la production a chuté de 10%. La branche «liquéfaction gaz naturel» a déploré une baisse de 6, 4%, le «raffinage pétrole», lui, a cédé 4,3% par rapport à son niveau de production constaté durant les trois premiers mois de l’année 2019.
Pour le secteur des mines et carrières, la baisse de production entre janvier et mars 2020 a été de 3,6%, le recul ayant été entrainé par les mauvais résultats dans l’extraction de la pierre argile, le sable et le minerai de fer. L’extraction des matières minérales a, en revanche, enregistré une hausse appréciable avec +10,2%, selon la synthèse de l’APS.
La sidérurgie, l’industrie métallique, mécanique, électrique et électronique sont les industries ISMMEE qui ont été les plus fortement touchées avec une baisse de 54,9% avec des conséquences certaines sur les capacités d’offre au marché de biens intermédiaires métalliques, mécaniques, électriques et des biens d’équipements ainsi que sur la trésorerie des unités de production concernées. Et si les matériaux de construction ont affiché des baisses de production, celle des liants hydrauliques et des produits rouges notamment, ils ont enregistré une variation relativement moins sévère de -24,7%. Les industries chimiques, elles, ont enregistré également une baisse de 14,3%, confirmant leur tendance baissière observée depuis le 3e trimestre 2019.
Indication inattendue pour une filière dont on a dit qu’elle s’est mieux comportée face à la crise sanitaire, l’agro-industrie a souffert d’une relative stagnation de production en affichant une variation de -0, 3% durant le 2e trimestre, une statistique qu’il serait intéressant de comparer avec celle du privé . Le travail de grains dans le public a cependant réalisé une augmentation de 5,6%, selon les données de l’ONS.
Les textiles ont enregistré aussi une variation de production négative, avec -26,6%, alors que les industries des bois et papier ont reculé de 37%, en raison de la baisse constatée dans des activités relevant du secteur, notamment, l’industrie de l’ameublement et la menuiserie générale. Quant à la production des industries des cuirs et chaussures, elle a chuté de 54,7%, enregistrant une baisse pour le 2ème trimestre successif. Cette tendance est perceptible tant au niveau des biens intermédiaires (-60,6%) que des biens de consommation (-42,4%). Pour rappel, la production industrielle du secteur public a connu une hausse de 2,7% en 2019.