L’organisation Accounting and Auditing Organisation for Islamic Financial Institutions/Comptabilité et audit d’organisations pour institutions financières islamiques (AAOIFI), la principale institution qui élabore les standards en matière de comptabilité,

d’audit, de gouvernance et d’éthique ainsi que les normes char’ia spécifiques aux banques et institutions financières islamiques, a été jeudi dernier l’hôte du Haut-conseil islamique (HCI).

Cette institution a organisé durant cette même journée un séminaire à Alger sur la gestion financière des wakfs et leur contribution à la finance islamique dans le pays. Un sujet d’actualité depuis que la loi de finances 2018, qui entrera en vigueur en janvier prochain, encourage l’extension de cette activité.
Des experts de la finance islamique de l’AAOIFI, des chercheurs universitaires, des banquiers, ainsi que des imams ont ainsi présenté et défendu leurs points de vue et fait des propositions d’amendement aux normes en vigueur pour la gestion des wakfs dans notre pays. La conclusion du débat auquel ils ont pris part est que les wakfs en Algérie, considérés jusqu’à présent comme un moyen d’aide et de solidarité par des crédits alloués aux personnes éligibles, telles les femmes au foyer ayant un savoir-faire, les personnes handicapées, ainsi que les chômeurs, peuvent jouer un rôle économique plus affirmé et plus important. « Le potentiel en Algérie représente 8 milliards de dollars, annuellement », révèle Ahmed Mohamed El Mera, président de l’AAOIFI. Il s’agit d’exploiter cette opportunité dans le cadre de l’extension attendue de la finance islamique en Algérie, a-t-il indiqué. « L’OAAIFI est implanté dans 45 pays à travers le monde, plus de 200 entreprises investissent dans la cadre de la finance islamique, certaines entreprise pèsent des dizaines de milliards de dollars, dont une vaut à elle seule 120 milliards de dollars », a ajouté Ahmed Mohamed El Mera, pour expliquer l’enjeu de cette finance considérée comme « un gisement financier important ». Ce responsable a rappelé que « la finance islamique s’intéresse à tous les domaines d’activité notamment le secteur bancaire, les assurances, l’immobilier et l’industrie».
Selon Ahmed Mohamed El Mera, dont l’organisation été créée en Algérie au début des années 1990, et qui est basée actuellement aux Emirat arabes unis, « il est opportun pour notre pays de s’intéresser de près à la pertinence économique et financière des wakfs et des biens habous » dès que la perspective est de faire disposer la finance islamique d’une base juridique et réglementaire élargie. Selon lui, « l’alternative est que les wakfs s’engagent à mettre leurs biens sur le marché de la location aux prix du marché. Ces prix dont certains symboliques, 1 000 DA, n’ont pas changé depuis plusieurs décennies», a-t-il regretté. « Le wakf peut apporter une contribution importante à travers les finances qu’il génère si ce secteur est pris en considération à travers l’investissement dans le cadre des principes de la finance islamique», indique-t-il. Seules, deux banques islamiques, Al-Salam Bank et la banque Al-Baraka, présentes au séminaire, se partagent 2% des parts de marché de la finance islamique. Aujourd’hui, il existe 500 institutions financières islamiques et d’assurance takaful à travers le monde. En 2014, lors de la 10e édition du Forum mondial sur la finance alternative, tenu à Dubaï, aux Emirats arabes unis, la finance islamique pesait 1 800 milliards de dollars. En Afrique, les actifs de cette finance alternative s’élèvent à 78 milliards de dollars, soit 5% du total des actifs à l’échelle mondiale.