Face au marasme que vit actuellement le marché pétrolier, sous l’effet d’un effondrement historique de la demande mondiale, occasionné par les mesures prises contre la pandémie de coronavirus, même le tout autant accord de réduction historique, décidé par l’Opep, s’avère insuffisant pour assurer aux prix une remontée durable et une stabilité maintenue. En témoigne la tendance baissière, avec de nouveaux bas records, qui a marqué l’ensemble des séances de la semaine dernière, au lendemain de l’accord conclu entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés.
Un statu quo dangereux pour les pays producteurs qui pousse le Secrétaire général de l’Opep, Mohamed Sanusi Barkindo, à appeler à une «coopération internationale globale pour stabiliser le marché mondial du pétrole et éviter des dommages importants et durables à l’industrie pétrolière». M. Barkindo a fait cet appel enfin dans un message adressé à l’occasion de la réunion virtuelle du Groupe intergouvernemental des 24 (G-24), tenue en fin de semaine. Le Secrétaire général de l’organisation n’a pas manqué l’occasion de mettre en évidence les efforts de l’alliance pour stabiliser le marché de l’or, tout en saluant «le ferme soutien» des autres pays producteurs et Etats participant à la réunion du 9 avril.
«Compte tenu des conditions actuelles du marché et de la destruction massive de la demande de pétrole jusqu’à présent, l’Opep, avec d’autres pays producteurs participant à l’accord de coopération, a tenu une réunion ministérielle extraordinaire le 9 avril 2020 pour faire face à l’énorme volatilité du marché et au déséquilibre mondial croissant du pétrole, en prenant immédiatement décision d’éviter une nouvelle détérioration du marché», a ajouté M. Barkindo dans son message publié sur le site web de l’organisation.
Rappelant que l’accord visant à ajuster à nouveau la production devrait être mis en œuvre à compter du 1er mai, le même responsable a souligné que cette opération «nécessitera une nouvelle révision des perspectives de l’équilibre offre/demande hors Opep pour le reste de l’année dans les jours et les semaines à venir». Pour rappel, l’Opep+ a décidé d’un accord de réduction massive de sa production qui débutera le 1er mai et s’étalera jusqu’à avril 2022.
Lors de la 10e réunion ministérielle extraordinaire de l’Opep+, tenue par vidéoconférence, les pays concernés ont convenu de coupes de 9,7 millions de barils par jour pour les mois de mai et juin, puis de 7,7 mbj pour le second semestre de l’année en cours, et 5,8 mbj pour la période allant de janvier 2021 à avril 2022. Revenant sur la situation et l’évolution du marché en 2019, M. Barkindo dira que cette année a montré une relative stabilité et s’est terminée sur une note positive, «malgré les vents contraires économiques et les fortes incertitudes concernant les différends commerciaux en cours, le Brexit et les conflits géopolitiques tout au long de l’année».
«Malgré une forte croissance de la production hors Opep, le marché mondial du pétrole est resté bien équilibré», a-t-il encore indiqué, en référence à la forte conformité de l’Opep et des pays producteurs non-Opep participant à la Déclaration de coopération d’un niveau exceptionnellement élevé de 145% en 2019, qui a joué un rôle majeur dans l’amélioration des conditions du marché pétrolier et de la stabilité du marché.F. N.