Face à un marché pétrolier affichant des prix en fort recul par rapport aux sommets atteints le printemps dernier, quelques semaines après le début de la guerre en Ukraine, les pays producteurs de pétrole multiplient les efforts afin d’assurer la stabilité des cours.

Par Feriel Nourine
Ce qui ne semble pas suffire pour le moment, puisque la décision de l’Opep+ d’opérer des coupes de 2 millions de barils par jour sur son offre n’a pu encore dégager ce marché de la zone de turbulences dans laquelle il évolue depuis déjà quelques mois.
A la démarche adoptée par l’alliance, comptant les pays de l’Opep et leurs partenaires s’ajoutent d’autres paramètres théoriquement favorables à une remontée des cours, à l’exemple du plafonnement du prix du pétrole russe décidé par l’UE, le G7 et l’Australie. Mais cela ne s’est pas produit et les prix continuent à perdre des dollars sous l’impact d’un paramètre cardinal nommé récession n’ayant d’égal que les craintes qu’il provoque pour la demande mondiale d’or noir.
Une atmosphère plutôt morose qui a poussé le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, à appeler à l’intensification des efforts nécessaires à la stabilité des marchés mondiaux du pétrole, rapporte l’APS, citant le ministère. L’appel de M. Arkab était lancé hier aux membres de l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (Opaep), qui tenait hier sa 109e réunion ministérielle.
« Les changements substantiels du marché pétrolier et des marchés de l’énergie, en général, sur la scène internationale, ont imposé de grands défis aux pays producteurs et exportateurs de pétrole, y compris les Etats membres de l’Opaep, qui doivent déployer davantage d’efforts pour contribuer à la stabilité du marché mondial du pétrole », a plaidé le ministre algérien, qui participait par visioconférence aux travaux de cette réunion tenue au Koweït, pays où se trouve le siège de cette organisation.
Laquelle organisation est composée de 10 membres, dont de gros producteurs qui pèsent lourdement sur le marché mondial de l’or noir, et qui « doivent consentir davantage d’efforts pour contribuer à la stabilité du marché mondial, compte tenu de l’importance du pétrole dans le développement socioéconomique », a ajouté M. Arkab, avant de saluer les efforts déployés par l’organisation pour renforcer la coopération entre les Etats membres dans tous les domaines. « Ce qui est de nature à contribuer au développement de l’industrie du pétrole et du gaz », a-t-il relevé
A cette occasion, les ministres des Etats membres de l’Opaep ont affirmé leur détermination à ce que l’année 2023 soit « pleine d’activités en vue de renforcer la coopération entre tous les membres pour œuvrer ensemble au maintien des équilibres du marché pétrolier dans l’intérêt des pays producteurs et consommateurs et de l’industrie pétrolière, ce qui permettra d’accroître l’investissement et la croissance économique », rapporte encore le ministère.
L’engagement des membres de l’organisation pétrolière intervient, faut-il insister, dans une conjoncture marquée par un repli des prix qui a renvoyé le baril de brut à son plus bas depuis douze mois. Cela s’est produit vendredi, lorsque le Brent de la mer du nord est descendu à 75,11 dollars, alors que le WTI s’est échangé à 70,08 dollars. Du plus revu depuis décembre dernier, avant que les cours ne remontent, mais sans rassurer.
Hier, au premier jour d’une nouvelle semaine, l’instabilité continuait à régner sur les échanges à travers une matinée marquée par une évolution à la baisse, qui a maintenu les deux références tout près de leurs plus bas de l’année, déprimées par la perspective d’une économie mondiale en berne et susceptible de faire diminuer la demande d’or noir.
Concernant le marché gazier, la vague de froid qui s’est abattue sur l’Europe, et qui devrait doper la demande, n’a pour l’instant pas fait réagir les prix.
Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, cédait hier 3,75%, à 134,18 euros le mégawattheure (MWh). n