Par Sihem Bounabi
Avec le maintien d’une courbe descendante de nouveaux cas de contamination à la Covid et la baisse constatée de l’afflux de malades vers les hôpitaux, «tous les signaux semblent indiquer une accalmie», soulignent plusieurs spécialistes de la santé.
Ce constat est conforté par les dernières données de la situation pandémique dans plusieurs wilayas qui démontrent «un état de stabilité» pour ce qui est du nombre de nouveaux cas et «la maîtrise de la pression qui pèse sur les établissements de santé en termes de consultation», selon le ministère de la santé.
Ces données ont été confirmées, avant-hier, suite à la réunion vidéoconférence du ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid avec les responsables de direction de santé de plusieurs wilayas.
Le ministre de la Santé a, cependant, estimé qu’en dépit de la stabilité constatée et de la maîtrise de la situation pandémique, grâce à la bonne gestion de la quatrième vague du virus (Covid-19), la vigilance reste de mise, notamment «en l’absence de données précises et définitives sur le virus».
Mais, pour le moment, la stabilité de la situation pandémique se traduit sur le terrain par la baisse de la pression sur les structures hospitalières mais également par la reprise du travail du personnel qui a été fortement contaminé par la Covid. A ce sujet, le Pr Rachid Belhadj, Directeur des activités médicales et paramédicales au CHU Mustapha-Bacha d’Alger, a déclaré, hier, à la Chaîne III de la Radio nationale que «nous sommes en train de récupérer nos équipes», en soulignant que «nous avons constaté une reprise significative et importante du personnel médical touché par la 4e vague de la Covid-19». Il confirme ainsi le retour à leur poste de «80% du personnel médical qui était contaminé et en arrêt de travail». Il informe également que l’hôpital Mustapha-Bacha compte tenir des réunions pour décider de la reprise à la normale des activités médicales et chirurgicales.

Omicron prédominant à 95%
Par ailleurs, l’Institut Pasteur d’Alger (IPA) a annoncé, lundi soir, que le variant Omicron reste «prédominant» actuellement dans notre pays, représentant «95% des variants circulant, contre 5% pour le variant Delta». Selon le communiqué de l’IPA, les taux de distribution des sous-variants d’Omicron, BA.1 et BA.2, enregistrés au cours des deux dernières semaines du mois de janvier et la première semaine de février, sont passés de 52% à 44% pour le BA.1 et de 48% à 56% pour le BA.2.
Concernant l’hypothèse optimiste de la fin de la pandémie avec la propagation du variant Omicron, plus contagieux et moins virulent que les autres, permettra à une large part de la population mondiale d’acquérir une immunité collective, le Pr Reda Djidjik, chef de service immunologie au CHU Beni Messous, a confié à la Chaîne III que «c’est probablement possible et c’est l’hypothèse optimiste que tout le monde attend et que les experts prédisent». Il estime toutefois que pour «le moment, on ne peut pas parler de la fin de la pandémie, mais peut-être la fin de la 4e vague, du fait que nous avons enregistré une décrue du nombre de cas qui s’est confirmée dans plusieurs hôpitaux». Ajoutant que «nous sommes apparemment arrivés au pic de cette 4e vague, il y a 15 jours, et nous entamons actuellement sa descente».
Toutefois, malgré cette baisse du nombre de cas constatés dans de nombreux hôpitaux, le Pr Reda Djidjik insiste sur le maintien de la vigilance dans le respect des gestes barrières, en soulignant qu’il faut vraiment rester prudents, «pour le moment, on ne sait pas s’il y a un risque de phénomène rebond avec l’apparition d’un sous-variant ou si cela va rester sur un phénomène de plateau. Certes, nous sommes dans une situation rassurante, mais prudence, parce que l’on ne sait pas comment cela va évoluer».
Le Pr Djidjik relance ainsi son appel à la population en soulignant qu’«il ne faut pas baisser les bras et continuer à respecter les gestes barrières, car cette pandémie nous a appris qu’elle est pleine de surprises et qu’il faut toujours garder ses précautions en respectant le protocole sanitaire et aller se faire vacciner. Insistant que «la vaccination reste le seul garant du contrôle de cette pandémie. Si on ne se vaccine pas, cela permet au virus de circuler avec le risque de l’apparition de nouveaux variants très virulents». <