Les espoirs étaient bien grands pour que le post-22 février 2019 et l’actuelle accalmie de la propagation de la Covid-19 soient des occasions de concrétiser, réellement, le changement tant espéré par les citoyens, et tant entonné par les autorités, mais la réalité donne une toute autre image.
Les exemples sont multiples.
Parmi ceux qui ont refait surface ces derniers jours, il y a le marché parallèle des changes. Il a suffi d’une reprise de quelques dessertes maritimes vers l’Europe, et d’une augmentation des vols d’Air Algérie vers l’étranger pour voir le dinar dégringoler face à l’euro et au dollar américain. Le square Port-Saïd d’Alger reste toujours le principal repère du marché des changes et les voyageurs sont, de leur côté, les principaux maîtres de l’euro. Alors, qu’est-ce qui a changé?
Le règne du Square (et de ceux qui sont derrière) et des « porteurs » de devises rentrant au pays, sont deux « paramètres » qui remontent à si longtemps, et qui ont été très souvent dénoncés auparavant, mais sans que rien bouge.
Si, encore une fois, les Algériens se retrouvent dans la même situation d’avant, avec la débrouillardise comme « compétence », et les dessous de table comme « préceptes », alors pourquoi avoir fait le Hirak ? Pourquoi avoir tant espérer que les choses changent ? Etait-ce pour retrouver de nouvelles têtes à la tête des trafics d’avant ! La période de blocage du pays suite à la pandémie ne devait-elle pas permettre (en plus de la lutte contre la Covid-19) de se préparer à effacer les dysfonctionnements (au moins visibles) constatés depuis belle lurette ! Les millions d’Algériens sont sortis, depuis février 2019, dans l’espoir de changer le pays et de ne plus subir le diktat des oligarques et des sangsues ! Ces citoyens ne peuvent que désespérer avec cette histoire de devises, qui n’est qu’une des nombreuses vitrines du statu quo constaté dans plusieurs secteurs. D’ailleurs, qu’est-ce qui rend les cambistes du Square si intouchables ?