L’Association des banques et établissements financiers (Abef) a débattu, hier à la Safex, de la microfinance, ses atouts pour un meilleur développement économique. Intervenant lors de cet atelier, le ministre du Travail a annoncé que 70% des projets créés dans le cadre du dispositif Ansej ont connu leur remboursement.

Interrogé sur le dilemme lié à la capacité du Gouvernement à maintenir son soutien aux dispositifs Ansej, Cnac et Angem, Mourad Zemali indique que la baisse des prix de pétrole n’affectera pas cette dynamique. Mieux, il estime que la microfinance aura un rôle à jouer pour la période de l’après-pétrole.
Sur le rôle des banques, le ministre précise qu’il se renforce davantage et va au-delà du financement. Le projet de loi de finances 2018, ajoute-t-il, est venu réaffirmer le soutien, par l’Etat, des jeunes pour la création des microentreprises. D’ailleurs, a-t-il indiqué, plus de 1000 milliards de dinars de microcrédits ont été accordés par les banques publiques aux microentreprises depuis la mise en place des dispositifs de soutien de l’emploi des jeunes jusqu’à septembre 2017. Sur l’ensemble de ces crédits bancaires, plus de 800 milliards de dinars (mds DA) ont été octroyés par les banques aux micro-entreprises créées dans le cadre des dispositifs de l’emploi des jeunes, a-t-il ajouté. Le ministre a, par ailleurs, tenu à saluer l’engagement des banques dans l’accompagnement, en amont et en aval, de ces dispositifs.
Quant à la décision liée à la suppression de certains produits à l’importation, le ministre précise qu’elle permet la préservation des entreprises et de la production nationale et de brandir leurs arguments. A terme, il voit venir une accélération de la réduction des importations «jusqu’à atteindre une autosuffisance totale».
Boualem Djebar, président de l’Abef, a, de son côté, confirmé que 800 milliards de dinars ont été consacrés au financement des trois dispositifs, lesquels ont permis la création de plus de 700 000 entités en micro-finance.
Il a, par ailleurs, indiqué que les microcrédits représentent 15% de l’ensemble des crédits bancaires accordés au secteur privé en 2017.
A une question liée à la décision du chef de l’Etat d’annuler les pénalités des bénéficiaires des projets Ansej et Cnac, M. Djebbar précise qu’elle est entrée en vigueur, précisant que les délais fixés initialement à fin décembre courant, sont reportés au 30 juin 2018. Par ailleurs, il y a lieu de rappeler qu’il s’agit d’effacer les agios (intérêts et pénalités) des entreprises Cnac et Ansej, qui étaient sous un régime plus contraignant avant mars 2011. L’ancien régime soumettait les jeunes promoteurs à des taux d’intérêt non bonifiés. Ce rééchelonnement de la dette bancaire a, d’ailleurs, été qualifié de «deuxième chance» par le ministre du Travail qui a soutenu que cette mesure va permettre aux promoteurs en difficulté financière de redémarrer leur activité. L’application des nouvelles mesures est soumise à trois conditions. Le jeune promoteur doit prouver que le matériel est toujours en sa possession, qu’il est affilié au Fonds de garantie et doit avoir remboursé 5 à 10% du crédit. L’opération passe par l’introduction d’une demande auprès de l’Ansej et de la Cnac qui devront constater la présence du matériel au niveau de la microentreprise. Les dossiers seront soumis aux banques qui procéderont à l’effacement des agios réservés, avec arrêt des poursuites judiciaires et fixeront le montant des crédits rééchelonnés pour une période étalée sur 5 ans, dont 12 mois de différé maximum selon le cas.
La Fédération nationale des jeunes entrepreneurs (FNJE), elle, avait proposé lors des dernières assises, un rééchelonnement des dettes et la réservation de 20% des marchés publics pour les microsentreprises. Et ce, en plus des dernières mesures annoncées par la Direction générale des impôts (DGI), telles que l’assouplissement de la déclaration prévisionnelle du chiffre d’affaires soumis à l’IFU (impôt forfaire unique), et l’exonération des pénalités de retard sur le règlement des cotisations Cnas. Intervenant lors de l’atelier, l’experte internationale en microfinance, Mme Sana Attig, a souligné que la microfinance enregistrait un encours de 87 milliards de dollars de crédits à travers le monde, avec une croissance de 13% en 2017 par rapport à 2016.
Près de 60% des microemprunteurs se trouvent en Asie, a-t-elle fait savoir, en soulignant que l’expérience montre que les femmes sont les meilleurs payeurs et détiennent plus de 80% du portefeuille des microcrédits à travers le monde.