Le marché pétrolier entamait hier, une nouvelle semaine sur une tendance qui a porté les prix à leur plus haut depuis trois mois. Soutenu par les négociations sino-américaines et les réductions opérées dans le cadre de l’accord de l’Opep-non Opep, les cours ont évolué à près des 87 dollars en début de matinée, avant de se replier en après-midi, mais restant proches de seuils qu’ils n’ont plus atteint depuis novembre dernier.
Vers 08h30 GMT, les cours affichaient à 66,83 dollars le baril pour le Brent de la mer du Nord sur l’Inter Continental Exchange (ICE) de Londres, alors que sur le New York Mercantile Exchange, le Texas Light Sweet s’échangeait à 56,27 dollars. « Il semblerait que les baisses de production de l’Opep fonctionnent », a résumé Neil Wilson, analyste chez Markets.com. Pour rappel, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole a annoncé la semaine dernière avoir produit 30,81 millions de barils par jour (mbj) en janvier dernier, soit une réduction de 797 000 b/j de moins qu’en décembre 2018. L’Opep a ainsi fait évoluer son offre pour le premier mois de l’année 2019 dans le respect de la décision qu’elle avait prise le 7 décembre à Vienne portant baisse de sa production de 800 000b/j, alors que, de leur côté, ses partenaires autour de l’accord s’étaient engagés à réduire la leur de
400 000/bj. Sauf que si le géant saoudien, et chef de file de l’Opep, a fortement participé à la réduction du cartel, en baissant son offre en janvier de 350 000 b/j par rapport à décembre, les partenaires dans l’accord n’ont pas atteint les 400 000 barils/jour de réduction, tel que promis début décembre. « Il faut reconnaître qu’une partie de cette baisse n’est pas volontaire», a cependant souligné Tamas Varga, analyste chez PVM, alors que deux membres de l’Opep, l’Iran et le Venezuela, voient leurs exportations limitées par des sanctions de Washington.
Les prix affichent un rebond en profitant également de l’apaisement qui caractérise les relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, faisant que les craintes du marché se dissipent. Après une semaine de négociations à Pékin et avant une autre à Washington, le président américain Donald Trump a affirmé que les discussions se passent «extrêmement bien», même si des questions «très difficiles» restent encore à régler, selon son négociateur en chef.
Cet optimisme du marché a, par ailleurs, pesé sur le dollar, valeur refuge. Cela rend le prix du baril, fixé en monnaie américaine, plus attractif pour les investisseurs utilisant d’autres devises.