Sonatrach et l’ENI envisagent de poursuivre le programme d’exploration et de développement des gisements situés dans le bassin de Berkine en vue d’accroître la production de gaz et de pétrole en association.

Sonatrach et l’ENI envisagent de renforcer leur partenariat dans l’amont pétrolier et gazier en Algérie. En effet, la compagnie pétrolière nationale et le groupe italien ont signé, jeudi dernier, un accord préliminaire qui prévoit l’élaboration d’une feuille de route fixant les démarches nécessaires en vue d’une éventuelle conclusion d’un ou plusieurs contrats d’hydrocarbures dans le bassin de Berkine sous l’égide du nouveau dispositif légal et réglementaire régissant les activités hydrocarbures, indique le communiqué de Sonatrach. Ce protocole d’accord augure la conclusion, en 2021, d’un ou plusieurs contrats d’association portant sur l’exploration et le développement de gisements entre Sonatrach et l’ENI situés dans le bassin de Berkine sous l’égide de la nouvelle loi sur les hydrocarbures. Il faut savoir que tous les textes d’application de cette loi ne sont pas à ce jour promulgués. C’est un préalable à la conclusion de nouveaux contrats de partenariat dans l’amont. Les deux compagnies, en outre, envisagent à la suite d’un mémorandum d’entente conclu en juillet dernier, ajoute le texte, de constituer un hub gazier et pétrolier à BRN situé dans le bassin de Berkine au sud-est du pays, l’un des plus prolifiques en pétrole et gaz associés du pays. L’achèvement en mars dernier du gazoduc long de 180 kilomètres reliant les gisements de BRN aux champs de MLE opérés par l’ENI constitue un pas important en vue de cet objectif. Cet arrangement a été signé par Toufik Hakkar, PDG de Sonatrach, et Claudio Descalzi, PDG de l’ENI. Les deux responsables ont également réaffirmé leur engagement pour la mise en oeuvre d’un programme ambitieux pour le renforcement des activités d’exploration dans ces zones à travers l’optimisation des infrastructures existantes, au cours de cette réunion de travail tenue jeudi à Alger, consacrée au suivi et au développement des projets et des opportunités de partenariat. Le PDG de Sonatrach Toufik Hakkar a déclaré à cette occasion que les relations entre les deux compagnies traditionnellement étroites ne peuvent être que confortées à travers la signature de cet accord ainsi que le déploiement de plusieurs axes notamment la formation, la recherche et le développement. Le PDG de l’ENI, lui, s’est félicité de l’excellence des relations partenariales liant l’ENI et Sonatrach. «La signature de l’accord témoigne de l’engagement de l’ENI et Sonatrach pour le renforcement du partenariat les liant en Algérie dans le respect de la stratégie commune de développement accéléré des projets. Les deux PDG ont tenu à témoigner leur reconnaissance à l’entreprise ENGTP, filiale à 100% de Sonatrach, pour la réalisation en temps record, n’excédant pas 12 mois, du pipeline reliant BRN à MLE.
Il faut savoir que ce renforcement prévisible du partenariat entre Sonatrach et l’ENI s’explique en particulier par le développement des gisements situés dans le bassin de Berkine, à savoir Zemoul El Arbi, Sif Fatima et Ourhoud II opérés par l’ENI qui sont entrés en production mais qui demandent des travaux d’exploration et de développement supplémentaires. Des découvertes récentes de pétrole et de gaz ont été faites par le groupement Sonatrach-ENI, notamment à Ourhoud II. Les deux compagnies cherchent à optimiser la production à BRN. Un contrat avait été conclu en mars dernier entre Sonatrach et l’ENI en particulier pour la commercialisation de 500 millions de mètres cubes de gaz/an issus du gisement de Zemoul El Akbar dans le bloc 403 et faisant partie du périmètre de BRN destinés à l’ENI et ce jusqu’en 2042. Ce gaz qui sera transporté par le gazoduc précité sera traité par l’usine de MLE.
Par ailleurs, Claudio Descalzi s’est aussi entretenu avec le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar. Les discussions ont porté non seulement sur les perspectives de renforcement du partenariat entre les deux compagnies, mais également sur la transition énergétique qui est au centre de la nouvelle stratégie de développement de l’ENI. Le PDG du groupe italien a abordé l’implication de sa compagnie dans le processus de réduction des gaz à effet de serre à travers la centrale photovoltaïque réalisée à BRN et le projet de centrale photovoltaïque de MLE. Dans sa stratégie 2030, Sonatrach vise, rappelons-le, à produire 1 000 MW en énergie solaire à cet horizon en vue d’alimenter en énergie non fossile ses installations de production dans ses gisements de gaz et pétrole au sud du pays. A noter enfin que l’ENI reste l’un des premiers producteurs de pétrole en association en Algérie. Sa production d’hydrocarbures en 2019 a été de 80 000 barils équivalent pétrole. Il demeure le premier partenaire étranger de Sonatrach avec ses importants intérêts (opérateurs dans BRN, MLE, Rom) et ses intérêts moins importants dans les gisements de pétrole de HBNS, El Merk et Rod, et eu égard à sa position de premier client de Sonatrach en gaz.<