La baisse de l’activité industrielle en Algérie, constatée depuis plusieurs mois, s’est fortement fait ressentir chez les commerçants qui, systématiquement, ont vu leurs activités reculer. Pis encore, le recul s’est même accentué durant le troisième trimestre 2019, notamment chez les commerçants détaillants, selon une enquête menée par l’Office national des statistiques (ONS) auprès des chefs d’entreprise commerciale.
Parmi ces derniers, ceux activant dans la vente des matières premières et demi-produits, de droguerie, quincaillerie, appareils électroménagers et parfumerie (DQAEMP) ainsi que de machines et matériels d’équipement sont les plus touchés par cette situation, souligne l’ONS. Près de 20% des détaillants enquêtés se plaignent de l’indisponibilité des produits et plus de 28% des grossistes de l’éloignement des sources d’approvisionnement de la matière première, ajoute la même source.
Par ailleurs, plus de la moitié des grossistes et plus de 44% des détaillants ont déclaré avoir enregistré des ruptures de stocks. Les plus impactés par ce manque sont les intervenants dans l’agroalimentaire, les DQAEMP et les machines et matériels d’équipement. L’enquête indique que la majorité des détaillants et grossistes se sont approvisionnés auprès du secteur privé uniquement, notamment, ceux des DQAEMP, des machines et matériels d’équipement et des textiles. En outre, près de 25% se sont approvisionnés auprès des secteurs public et privé à la fois, particulièrement, ceux de l’agroalimentaire, des matières premières et demi-produits.
Quant aux prix d’acquisition des produits, ils ont été jugés « élevés » selon plus de 25% des commerçants grossistes et plus de 40% des détaillants. Les plus touchés, par cette hausse des prix, sont ceux de l’agroalimentaire, de la DQAEMP et des machines et matériel d’équipements. En revanche, le reste des commerçants détaillants et grossistes jugent les prix « stables ». Selon l’enquête, la plupart des commerçants (grossistes et détaillants) achètent leurs marchandises en première main.
Concernent le taux de satisfaction des commandes en produits, il a été supérieur à 50% par rapport aux besoins exprimés, selon la majorité des commerçants enquêtés par l’ONS, notamment ceux de la matière première et demi-produits et ceux des combustibles et lubrifiants. Par ailleurs, l’enquête a relevé que la plupart des commerçants est satisfaite de la qualité et du conditionnement du produit.
De juillet à septembre derniers, la demande en produits fabriqués a reculé selon les grossistes, notamment ceux de la matière première et des demi-produits. En revanche, elle a augmenté selon les détaillants de l’agroalimentaire et des machines et matériel d’équipements. Selon l’opinion de 28% des grossistes et près de 30% des détaillants, les prix de vente sont jugés « élevés » au 3e trimestre 2019 par rapport au trimestre précédent, notamment ceux des combustibles, des DQAEMP et des textiles.
Quant à leur situation financière, elle a été jugée « moyenne » selon près de 70% des grossistes et selon près de 45% des détaillants. Plus de 43% des premiers et 5% des seconds ont recouru à des crédits bancaires et la plupart n’a pas trouvé de difficultés à les contracter, ont souligné les enquêtés.
La baisse de l’activité commerciale ne devrait pas s’arrêter après les résultats du 3e trimestre de 2019, estiment les commerçants enquêtés, prévoyant la poursuite de cette tendance. n