Depuis le début de l’année en cours, alors que l’offre pétrolière de l’Opep reculait de 310 000 barils par jour,

en application de l’accord conclu le 30 novembre à Vienne, les producteurs américains du schiste reprenaient du poil de la bête, profitant de la reprise des cours sur les marchés mondiaux.

Les nouvelles statistiques fournies cette semaine par le groupe Baker Hugues lèvent le voile sur une montée en puissance de l’activité américaine de forage. Selon les données délivrées par le groupe Baker Hugues, le nombre de forages en activité aux Etats-Unis d’Amérique a grimpé à 529 puits à la fin de la semaine dernière, en hausse de 4 forages par rapport au décompte de la dernière semaine de 2016. Les statistiques de la semaine dernière marquent la plus importante hausse du nombre de forages sur une année, fait constater le groupe spécialisé Baker Hugues.
La conséquence sur les cours du brut ne s’est pas fait attendre. Les cours de l’or noir reculaient nettement hier, première cotation de la semaine, dans le sillage de la hausse du nombre de puits de forage en activité aux Etats-Unis. Vers 15h30, le Brent affichait ainsi un repli de 1,29 dollars à 55,97 dollars alors que le brut perdait 1,24 dollars et se situait sur les 52,75 dollars. Ainsi, une hausse de l’activité des producteurs de pétrole de schiste outre-Atlantique pourrait minimiser l’impact positif des efforts de plafonnement de la production à l’échelle mondiale. Les analystes expliquaient hier qu’il était peu probable que les cours brisent le plafond des 60 dollars dans les semaines qui viennent, soulignant que les producteurs américains d’huile de schiste risquaient d’augmenter davantage leur production si les prix s’approchaient de cette barre.
Outre l’indiscipline de certains de ses membres et l’attitude des pays exemptés de la décision de limiter la production, l’accord de l’Opep était confronté aussi à une éventuelle reprise de l’activité de forage aux USA dans le sillage de la hausse des cours. Dans le cas où les accords des pays de l’Opep et de ceux conclus avec les productions hors Opep sont respectés, certains observateurs redoutent un effet retour de manivelle. C’est-à-dire que des producteurs américains, notamment de schiste, pourraient s’engouffrer dans la brèche pour accroître leur activité, d’autant que le futur président républicain, Donald Trump, a promis d’alléger les régulations sur le secteur. C’est un défi de taille auquel sont confrontés les membres de l’Opep. Ceux-ci, en accord avec d’autres producteurs comme la Russie, ont convenu d’une réduction de la production de l’ordre de 1,8 million de barils par jour à partir du 1er janvier 2017. Cette décision devait aider à faire augmenter les cours et à éponger un tant soit peu les excédents de la production dont souffrent les marchés. Outre le vrombissement des forages américains qui se fait entendre, les investisseurs restent également attentifs aux niveaux de production des pays exemptés de ces mesures, comme l’Iran, la Libye ou le Nigeria. Aux dernières nouvelles, la production libyenne a bondi à 685 000 barils par jour, en hausse de 85 000 barils par rapport à sa production moyenne en décembre. Quant au Nigeria, sa production a grimpé à 1,9 millions de barils/j, contre une moyenne 1,5 millions de barils en 2016. A cela s’ajoute la bonne santé de la monnaie américaine qui a généralement un impact négatif sur la demande en pétrole. Autant d’indices qui pourraient lézarder l’espoir d’un rééquilibrage du marché en 2017.