PAR NAZIM BRAHIMI
Le dossier des contractuels de l’éducation nationale, qui a empoisonné pendant longtemps les relations entre la tutelle et les concernés, en entraînant le secteur dans de nombreuses grèves déclenchées pour arracher la titularisation des milliers d’enseignants, ne se posera plus. La nouvelle équivaut à un gage de stabilité du secteur. Restera cependant pendante la question des statuts particuliers, dont la mouture élaborée par la tutelle ne fait pas consensus, alors que le texte en question devait être finalisés avant la fin de l’année, selon l’instruction présidentielle, qui ne cache pas visiblement la volonté d’éteindre toutes les questions de discorde qui mettent sous tension le secteur stratégique de l’éducation nationale. M. Tebboune a en effet ordonné de «finaliser le Statut de l’enseignant avant le 31 décembre 2022», dans ce qui s’apparente à un pressing sur le ministère, qui œuvre présentement à achever le premier trimestre dans les meilleures conditions possibles.
Le dossier du statut de l’enseignant reste ainsi chaud au vu de la position des représentations syndicales à ce propos dans le sens où des syndicats ne cessent d’exprimer leur «mécontentement» des conclusions de la Commission en charge du dossier, notamment le corps enseignant, qui estime que le dossier a été ouvert pour améliorer leurs conditions socioprofessionnelles.
Il s’agit pour les organisations syndicales d’unifier la classification des enseignants des trois cycles d’enseignement, des corps d’inspection et d’encadrement administratif pour traiter «radicalement les dysfonctionnements du statut particulier et garantir la stabilité du secteur».
Surtout que la mouture du statut particulier des travailleurs du secteur de l’éducation ne fait pas l’unanimité parmi les différentes formations syndicales qui appellent la tutelle à revoir les dysfonctionnements introduits dans ce dossier avant qu’il ne soit soumis au gouvernement.
Nombreuses sont, en effet, les formations syndicales, à avoir exprimé leur rejet du texte de ce projet qui aurait selon eux marginalisé la plus grande partie des travailleurs du secteur, à savoir les enseignants.
Dans ce sens, l’organisation algérienne des travailleurs de l’éducation sous la présidence de Boujemaa Chihoub a estimé que bien que la nouvelle mouture du statut particulier du secteur ait apporté du positif pour les fonctionnaires de l’administration, celle-ci n’a pas pris en considération les revendications des enseignants, notamment en ce qui a trait à la réduction du volume horaire dans les trois cycles de l’enseignement et aussi l’unification des classifications, en plus de l’ouverture du décret portant révision des primes et des indemnisations.
Pourtant, le président de la République avait ordonné, lors d’un Conseil des ministres, présidé en mai 2021, «l’engagement d’un dialogue avec les différents partenaires sociaux en vue d’améliorer la situation socioprofessionnelle des affiliés au secteur de l’éducation notamment, les enseignants, à travers la révision du statut particulier des travailleurs», rappelle-t-on dans les milieux syndicalistes.
Suite à cela, le ministre de l’Education a installé une commission technique chargée de la révision du statut particulier et entamé une série de rencontres bilatérales avec l’ensemble des syndicats pour recueillir leurs propositions sur ce dossier. Depuis son installation, 34 rencontres bilatérales ont été organisées avec différents syndicats représentant toutes les catégories des travailleurs de l’éducation.
Les conclusions de cette commission ne semblent pas cependant satisfaire les organisations syndicales. Ce qui revient à comprendre que la question des statuts particuliers risque de demeurer une pomme de discorde dans le secteur de l’éducation. <