Dans un communiqué publié hier, la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a fait savoir que le dénommé Lalili Lahbib avait été extradé depuis le Liban et remis à la justice algérienne.

Par Nadir Kadi
«Les services de police de la wilaya de Guelma ont remis, le dimanche 27 mars 2022, le dénommé Lalili Lahbib aux autorités judiciaires compétentes du tribunal de Guelma», a-t-on souligné. Le suspect de nationalité algérienne, qui aurait rejoint le Moyen-Orient en 2015, a en ce sens été en «détention provisoire» sur instruction du tribunal. Pour rappel, la presse libanaise avait fait savoir, le 9 janvier dernier, que le président libanais Michel Aoun a signé un décret portant sur la remise à l’Algérie de Lalili Lahbib. En ce sens, le communiqué de la DGSN précisait, hier, que cette extradition entre dans la cadre «de la coopération judiciaire (…) et l’extradition de criminels» entre les deux pays. Il est précisé que le suspect «âgé de 42 ans» avait été arrêté et extradé depuis le Liban suite à un «mandat d’arrêt international émis par le tribunal de Guelma». Les charges invoquées par la justice contre Lalili Lahbib sont, selon la même source, «adhésion à un groupe terroriste activant à l’étranger», «apologie d’acte terroriste», mais aussi «diffusion et soutien aux idées de groupes terroristes en usant de technologie de communication». La presse libanaise avait, pour sa part, fait savoir en janvier dernier que le suspect serait originaire de Relizane et recherché par la justice algérienne pour «mercenariat», après avoir rejoint la Syrie, vers 2015, pays où il aurait combattu l’Etat islamique (Daesh) dans les rangs ou aux côtés de l’armée syrienne, dans un groupe paramilitaire. Quant à la possibilité d’extradition entre le Liban et l’Algérie, il est à rappeler que les deux pays ont, conclu le 25 février dernier, deux conventions judiciaires relatives à «l’extradition de criminels» et à la «coopération judiciaire dans le domaine pénal». Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Abderrachid Tabi, et son homologue libanais, Henri Khoury, avaient en effet précisé que l’objectif était de renforcer «la coopération judiciaire dans le domaine pénal» et d’ouvrir la voie à d’éventuelles «extraditions de criminels». Par ailleurs, l’extradition de Lalili Lahbib rappelle dans une certaine mesure l’extradition de Mohamed Azzouz Benhalima, depuis l’Espagne, et son placement en détention pour ses liens avec l’organisation terroriste «Rachad». Ces deux «affaires» montrent par ailleurs que la justice algérienne a engagé de nombreuses tractations avec les autorités judiciaires de plusieurs pays. <