Par Nadir Kadi
L’Inspecteur général du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, Mohamed Lamini, a confirmé et précisé, hier, deux nouvelles mesures prises par le secteur de l’agriculture. Le responsable, questionné sur les ondes de la Radio algérienne, annonce en ce sens que l’importation de matériel agricole rénové «et non produit en Algérie» est désormais autorisée. La seconde décision apparaît plus précisément comme la correction d’une procédure ayant montré ses limites ; il a été, en effet, décidé de «l’exemption d’enregistrement sur la plateforme de l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur (Algex) pour l’importation des intrants agricoles». Une étape bureaucratique jusque-là exigée pour toute importation.
En effet, responsable qui explique à propos de ce dernier point que les autorités ont constaté que la réglementation «causait un immense retard par rapport aux cycles naturels des plantations», Mohamed Lamini ajoute, «à titre d’exemple, l’agriculture maraîchère soumise à des calendriers précis doit avoir les semences en temps voulu (…) Les délais causés par l’inscription ont conduit des agriculteurs à rater leur saison». La nouvelle orientation du ministère serait en ce sens à même de faciliter l’importation des «intrants des filières animale et végétale, des produits phytosanitaires, des semences, des engrais, des matériels d’irrigation et de santé animale et végétale». Quant à l’importation du «matériel rénové», il s’agit notamment, précise le responsable, de «tracteurs de plus de 250 chevaux, les moissonneuses-batteuses adaptées aux grandes surfaces du sud du pays ou encore des semoirs monograine…».
Il précise en substance que ces nouvelles orientations entrent dans le cadre de la concrétisation d’une certaine sécurité alimentaire, notamment en ce qui concerne les céréales. Mohamed Lamini déclare que «le plan d’action du gouvernement consacre l’agriculture comme secteur stratégique (…) Il s’agit d’une question de sécurité alimentaire». Le ministère de l’Agriculture a transcrit «cette politique au travers d’une feuille de route pour la période 2020-2024», a par ailleurs communiqué hier la vision de son secteur pour les 2 à 3 ans à venir. Ainsi le responsable à fait savoir que l’ambition du secteur de l’agriculture est d’arriver «d’ici deux à trois ans, à réduire l’importation des céréales de près de 10 millions de quintaux (…) Même chose en matière de production de la semence, dont celle de la pomme de terre. Nous visons dans les deux ans et demi à ne plus les importer (…) Pour le moment, nous nous concentrons sur les productions stratégiques».
Et dans cette logique, il apparaît que le choix se porte aujourd’hui sur le développement de l’agriculture saharienne. «L’office de développement de l’agriculture saharienne, mis en place il y a une année par le président de la République, travaille au développement de grandes superficies agricoles au sud du pays (…) Ce projet participera pleinement au développement de la production céréalière», explique Mohamed Lamini. Le même responsable annonçant plus loin que le projet est déjà concret : «134 000 hectares ont été effectivement distribués en concessions, 97 projets ont été installés et 445 demandes sont en cours de traitement (…) 500 000 autres hectares seront également validés par les walis». Quant aux types de production que l’Etat espère développer et, peut-être, exporter, il s’agit, en plus de céréales, «des légumes secs, des oléagineux ou encore de la betterave sucrière… Notre objectif est l’augmentation de la production et peut-être arriver à un programme d’exportation à court ou moyen terme». L’Inspecteur général du ministère de l’Agriculture et du Développement rural se montre, par ailleurs, optimiste quant à la capacité du pays à multiplier les surfaces agricoles et le rendement des sols, tenant pour preuve «… des productions records dans certaines wilayas du Sud (…) Par exemple, en ce qui concerne le maïs, nous avions il y a trois ans que 97 hectares, actuellement, nous en sommes à 11 000 hectares et une récolte céréalière 2022 qui s’annonce prometteuse grâce, notamment, à une pluviométrie favorable. Nous tablons pour la campagne de cette année sur la production de 22,2 millions de quintaux de céréales au niveau des 2,9 millions d’hectares consacrés (…) La production de l’année dernière était de 13 millions de quintaux. Un grand bond en avant». n