Le Secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires, Mark Lowcock, a dressé, jeudi devant le Conseil de sécurité un bilan alarmant de la crise humanitaire au Soudan du Sud, où la situation sécuritaire est également jugée préoccupante par le chef des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, selon un communiqué publié jeudi par l’ONU.

Si plus de deux millions de personnes ont fui le pays depuis le début du conflit, sept millions – soit les deux-tiers de la population restante – continuent d’avoir besoin d’assistance dans le pays, a souligné M. Lowcock devant les membres du Conseil. Sur 1,9 million de déplacés internes, 210.000 ont trouvé refuge dans les sites de protection des civils administrés par la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS). «En cette fin d’année, 1,25 million de Sud-Soudanais se trouvent en situation d’urgence, soit deux fois plus que l’année dernière à la même époque», a prévenu Mark Lowcock, qui est aussi le Coordonnateur des secours d’urgence. Au début de l’année 2018, la moitié de la population dépendra de l’aide alimentaire d’urgence avant que la saison maigre ne favorise dès le mois de mars la famine dans différentes régions du pays. De son côté, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, s’est dit «extrêmement préoccupé» par la situation sécuritaire au Soudan du Sud et a prévenu du «risque d’escalade» du conflit et des affrontements intercommunautaires à l’approche de la saison sèche, avec des répercussions catastrophiques potentielles sur la population civile.
Le conflit au Soudan du Sud entre dans sa cinquième année. Nous sommes convaincus que seuls le Forum de revitalisation de haut-niveau et le Dialogue national peuvent enrayer l’aggravation de la crise. Mais les combats ne peuvent se poursuivre simultanément aux efforts pour faire advenir une paix durable», a dit Jean-Pierre Lacroix. «Plus que jamais, j’exhorte ce Conseil à rester vigilant et à redoubler d’efforts pour condamner et faire cesser la violence, à protéger les civils et à faciliter d’urgence un règlement politique du conflit».
Le chef du maintien de la paix de l’ONU a assuré que ces derniers mois, les Casques bleus de la MINUSS se sont mobilisés pour protéger les installations humanitaires, faciliter la livraison de l’aide dans les zones dangereuses et contribuer à l’évacuation des travailleurs humanitaires
piégés par les affrontements.