Les Nations unies ont condamné mardi le meurtre de deux travailleurs humanitaires au Soudan du Sud et appelé les autorités à poursuivre en justice les coupables, après une série d’attaques similaires. Les victimes sont tombées mardi soir dans une embuscade, lors de laquelle elles ont essuyé des tirs, alors que leur convoi rentrait d’une distribution d’aide alimentaire dans un village situé à environ 64 km de Rumbek, une localité de l’Etat des Lacs (centre). Les humanitaires, dont la nationalité n’est pas connue, travaillaient pour l’organisation caritative italienne Medici con l’Africa Cuamm. «J’appelle le gouvernement à renforcer l’application de la loi, à enquêter sur ces crimes et à amener les coupables rapidement devant la justice», a déclaré Matthew Hollingworth, directeur par intérim du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) au Soudan du Sud. «Quatre travailleurs humanitaires ont été tués au cours du seul mois dernier. Je crains que les attaques répétées contre des humanitaires et la suspension des activités qui en résulte aient un impact important sur les opérations humanitaires au Soudan du Sud.» Jacob Akuochpiir Achuoth, ministre de la Santé de l’Etat des Lacs, a exprimé «une grande peine» et promis de travailler aux côtés des enquêteurs. Le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011 et où la guerre civile a éclaté en 2013, est considéré comme l’endroit le plus dangereux au monde pour les travailleurs humanitaires. Selon l’ONU, 128 humanitaires, essentiellement sud-soudanais, y sont décédés dans le cadre de leur mission depuis 2013. Le mois dernier, un médecin sud-soudanais travaillant pour l’ONG International Rescue Committee (IRC) a été assassiné dans la région pétrolière de l’Unité (Nord), un mois à peine après qu’une infirmière eut été tuée en Equatoria-Orientale, un Etat du Sud-Est. Fin janvier, un employé de l’organisation humanitaire sud-africaine Joint Aid Management (JAM) est mort près de Bentiu, dans l’Etat de l’Unité. Un cessez-le-feu signé en septembre 2018 et la formation début 2020 d’un gouvernement d’union nationale ont mis fin à plus de six ans de guerre civile, mais de nombreuses régions restent ravagées par des conflits localisés. n