Des efforts de «médiations» au Soudan et à l’étranger sont en cours pour une possible sortie de crise dans ce pays où un coup d’Etat a eu lieu le 25 octobre, a déclaré lundi l’émissaire de l’ONU à Khartoum.

«Beaucoup de nos interlocuteurs à Khartoum, mais aussi aux niveaux international et régional, expriment fortement le souhait que nous avancions rapidement pour sortir de la crise et revenir à une situation normale», a indiqué Volker Perthes depuis Khartoum lors d’une visioconférence destinée à la presse aux Nations unies, à New York. L’émissaire de l’ONU au Soudan avait rencontré dimanche le Premier ministre Abdallah Hamdok, en résidence surveillée, et avait rapporté dans un tweet «avoir discuté d’options pour une médiation et de l’avenir du Soudan». M. Perthes a insisté lundi devant la presse à l’ONU pour un retour «aux étapes de la transition politique, telle que nous la considérions avant le 25 octobre», date du coup d’Etat. Le même jour, M. Hamdok a jugé que «la voie vers une sortie de crise» passait par le retour de son gouvernement, selon un communiqué du ministère de l’Information. Le Premier ministre soudanais renversé s’exprime depuis une semaine via des communiqués publiés sur la page Facebook du ministère de l’Information entré en dissidence. «Il faut revenir à la situation telle qu’elle était le 24 octobre», selon le dernier communiqué du ministère, soit la veille du coup d’Etat. Le pays, englué dans le marasme politique et économique depuis des décennies, est désormais à l’arrêt entre militaires intransigeants et manifestants anti-putsch en «désobéissance civile» depuis le coup d’Etat du général Abdel Fattah al-Burhane qui a dissous toutes les institutions.

Session spéciale du Conseil des droits de l’homme vendredi
Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU tiendra vendredi une session spéciale consacrée au Soudan, où la répression exercée par les militaires qui ont pris le pouvoir a déjà fait plusieurs morts parmi les opposants au putsch. La session commencera à 11H30 GMT, précise un communiqué de la plus haute instance de l’ONU en matière de droits de l’homme. 48 pays dont 18 pays membres du Conseil avaient demandé lundi cette réunion d’urgence pour examiner «les implications de la situation dans la République du Soudan pour les droits de l’Homme». «Les actions des militaires soudanais sont une trahison de la révolution, de la transition et du peuple soudanais», avait accusé dans un tweet, Simon Manley, l’ambassadeur du Royaume-Uni à Genève, qui a relayé la demande au nom de 48 pays. Les manifestations, rassemblant parfois des dizaines de milliers de personnes qui veulent dénoncer le putsch mené par le général Abdel Fattah al-Burhane, ont déjà fait douze morts parmi les manifestants et près de 300 blessés, selon un bilan d’un syndicat de médecins pro-démocratie. La police assure de son côté n’avoir jamais tiré à balles réelles. Le général Burhane, chef de l’armée, avait annoncé lundi dernier la dissolution de l’ensemble des institutions de ce pays miné par des décennies de conflits et dirigé sans partage par Omar el-Béchir de 1989 à 2019.
(AFP)