Comment ne pas vouloir découvrir « Fahla », le premier roman algérien d’expression algérienne (dardja) ! L’idée est originale, et le travail est vraiment à découvrir. « Fahla » en est le titre, et Rabeh Sebaa en est l’auteur. Ce dernier n’est pas le premier venu. De par son profil, il est indéniable que le roman ne peut que susciter l’intérêt. C’est que Rabeh Sebaa est sociologue, essayiste, chroniqueur et également professeur d’anthropologie linguistique à l’Université d’Oran. Autant de chapeaux qui, d’emblée, donnent de la teneur au livre.

Reste maintenant le contenu. Dans la présentation du roman, l’éditeur « Frantz Fanon » indique qu’il est question du « sort d’une société engloutie dans « les fausses valeurs religieuses érigées en dogme » et qui cherche les chemins de sa libération à travers l’élément le plus fragile socialement mais aussi le plus potentiellement subversif : la femme ». Cette démarche inédite, Rabeh Sebaa l’explique avec ses propres mots en affichant des ambitions loin d’être démesurées: « L’algérien n’est pas  un conjoint linguistique du pouvoir. Mais n’est pas un dialecte non plus. L’algérien n’est pas un arabe dégradé. Ou un arabe périphérique. Je ne le répéterai jamais assez, l’algérien est une langue à part entière. L’algérien est une langue avec sa grammaire, sa syntaxe, sa sémantique et toute sa personnalité linguistique. ». Tout un programme.

« Fahla » (disponible dans les librairies depuis le 16 octobre dernier) est écrit en algérien dans deux versions, une en graphie latine et une autre en graphie arabe. Désormais, même les « analphabètes bilingues » n’ont plus d’excuses pour ne pas lire.