Blida s’adapte au confinement partiel depuis le début du Ramadhan. Ouf de soulagement pour certains Blidéens après un mois de confinement total en raison de la propagation du Coronavirus. La situation sanitaire semble se stabiliser avec un nombre limité d’accès aux hôpitaux et la baisse de cas de décès dans une région déclarée foyer national de la pandémie. Mais, il y a aussi des Blidéens qui s’inquiètent sur le risque de relâchement surtout avec la réouverture de plusieurs magasins comme ceux des vêtements, des chaussures, des produits électroniques et des gâteaux traditionnels.

Ces deux derniers jours, les commerces de Zlabia et de Qalb El Louz ont été pris d’assaut à Blida, à Boufarik et à El Affroun. A Boufarik, capitale de la Zlabia, la plupart des magasins n’ont pas repris encore leurs activités faute d’approvisionnement en semoule, matière première essentielle pour la confection de ce gâteau. «Les gens ne respectent pas les mesures de prévention. Ils se bousculent comme si de rien n’était, sans aucune crainte pour leur santé», s’alarme Salim en pointant du doigt un magasin de Zlabia au centre-ville de Blida.

Les familles s’intéressent déjà aux vêtements de l’Aïd
La direction du commerce de Blida a donné instruction aux commerçants de respecter les mesures préventives comme la distanciation sociale et la désinfection quotidienne des installations. Les tenants des magasins doivent travailler avec des gants et des masques. Ce qui n’est pas forcément respecté par tous les commerçants, certains semblaient pressés de reprendre leurs activités après plus d’un mois d’arrêt sans se soucier des précautions à prendre. Les boutiques de prêt-à-porter connaissent une grande affluence. Les familles veulent «faire vite» dans l’achat des vêtements de l’Aid, craignant de nouvelles décisions sur le confinement avant la fin du mois du Ramadhan. Cet empressement a créé des bousculades et des comportements irresponsables. Des commerçants ont péniblement fait l’effort d’organiser leurs clients de sorte à ce qu’ils s’alignent en file indienne en gardant la distance de sécurité. «C’est compliqué d’expliquer à certains d’entre eux que ces mesures sont nécessaires pour préserver leur santé et celle des autres», souligne un vendeur d’habits pour enfants. L’Organisation algérienne de protection de consommateurs a lancé une alerte à ce propos. «Les magasins de vêtements sont souvent bondés et les gens ont tendance à toucher et à essayer ces produits à plusieurs reprises», a écrit l’organisation dans un communiqué. Le problème est que les vêtements ne peuvent pas être désinfectés à cause du risque de dégradation.

Le maire de Blida appelle la population à la vigilance
Le marché de Ouled Yaïch a été pris d’assaut par les consommateurs sans aucun respect des mesures de prévention, obligeant parfois les services de sécurité à intervenir. Les rappels à l’ordre répétés ne semblent pas être dissuasifs. A Blida, il y a comme un sentiment de relâchement au point que certains pensent que «tout va entrer dans l’ordre» à la fin du Ramadhan et que la pandémie du Covid-19 va disparaître. Le président d’APC de Blida, Mahmoud Benazout, qui a quitté l’hôpital après sa guérison du Coronavirus, a lancé un appel, via Facebook, à la population de Blida de garder sa vigilance et de ne pas quitter leurs demeures. «Nous l’avons nous-mêmes constaté. Cette maladie est dangereuse. Heureusement que le nombre de cas tend à baisser dans la région de Blida, mais il faut faire attention», a-t-il averti. A 14 h, la police et la gendarmerie nationale interviennent souvent pour obliger les commerçants à fermer. Opération souvent difficile à mener. La vente continue parfois sous rideau. Le couvre-feu à Blida est pour rappel de 14 h jusqu’à 7 h. Après la ftour, des jeunes se regroupent en bas immeubles et dans les quartiers malgré les avertissements des services de sécurité.

Baisse légère des prix des fruits et légumes
Dans les marchés des produits frais, la demande devient plus «ordinaire» par rapport aux deux premiers jours du Ramadhan, entraînant une baisse légère des prix des fruits et légumes. Des inspections de la direction de commerce ont été menées ces derniers jours dans les marchés après le constat d’une hausse vertigineuse des prix de tous les produits cette semaine. Des PV ont été établis pour certains commerçants contrevenants, surtout ceux qui continuent d’ignorer la vente par facture. Le wali Kamel Nouicer a autorisé cette semaine la reprise des activités industrielles. La plupart des unités de la région, surtout celles de l’agroalimentaire, ont mis leurs employés en chômage technique, sans possibilité de versement de salaires. Dans certains cas, le code du travail est violé puisque les droits des employés ne sont pas assurés. Le wali a exigé que la reprise des activités se fasse dans le respect des mesures sanitaires de prévention comme la distanciation. Les employeurs sont tenus aussi d’assurer le transport à leurs salariés. Les opérateurs économiques de la région de Blida se sont plaints auprès des autorités de l’arrêt prolongé de leurs activités souhaitant un soutien de l’Etat.