Jour de délivrance pour quatre porteurs du drapeau berbère, placés sous mandat de dépôt pour atteinte à l’unité nationale depuis le 30 juin dernier. Ils retrouvent leur liberté aujourd’hui. Un dénouement qui s’ajoute à celui enregistré la semaine écoulée et qui a vu d’autres détenus sortir également de prison alors que d’autres ont bénéficié d’une réduction de peines.

En effet, Samira Messouci, élue à l’APW de Tizi-Ouzou, Amokrane Challal, El Hadi Kichou et Mustapha Aouissi sortiront de prison après avoir purgé une peine de six mois de prison ferme que leur a infligé le tribunal de Sidi M’hamed dans des jugements qui ont suscité la réprobation de l’opinion et des avocats.
Le procès en appel est programmé pour le 7 janvier prochain à la Cour d’Alger, tandis que le procès en appel de 13 manifestants sortis de la prison le 23 décembre dernier est fixé pour le 27 janvier prochain.
Hier, un autre détenu du Hirak est sorti de la prison d’El Harrach, libéré après avoir bénéficié de la réduction de peine après un procès en appel par la Cour d’Alger. Il s’agit de l’étudiant en 6e année chirurgie dentaire Smaïl Chebili, placé pour sa part, depuis le 29 septembre dernier, en détention préventive après son interpellation au 32e vendredi de mobilisation populaire. En effet, la Cour de Ruisseau a réduit, le 24 décembre dernier, la peine de 10 détenus du Hirak, poursuivis pour « atteinte à l’unité nationale », d’un an de prison dont six mois avec sursis à six mois de réclusion dont trois mois avec sursis. Nonobstant la sortie de prison d’une trentaine de porteurs dy drapeau berbère, il en reste encore en prison une centaine poursuivie notamment pour les chefs d’inculpation « d’atteinte à l’unité nationale, attroupement, incitation à l’attroupement et démoralisation des troupes d’armée ». Le collectif de défense des détenus d’opinion décrient une « régression dangereuse » des libertés individuelles et collectives à partir du troisième mois du Hirak. Selon la corporation des juristes, les libertés d’expression et la participation à une manifestation pacifique sont des droits garantis par la Constitution et les lois en vigueur.
L’appareil judiciaire poursuit les présentations et procès des détenus du Hirak et d’autres en état de liberté. Hier, le tribunal de Skikda a acquitté 05 manifestants poursuivis pour « attroupement non armé ». Ces derniers observaient au moment des faits un sit-in de protestation en signe de soutien à Messaoud Leftissi, arrêté la veille à Alger pour port du drapeau berbère et accusé « d’atteinte à l’unité nationale ».
A Tlemcen, le procès de 34 manifestants a été reporté au 26 janvier prochain. Ces derniers ont été arrêtés le 12 décembre puis relâchés le lendemain pour une comparution directe qui devait avoir lieu hier. Au parquet de Sidi M’hamed, deux militants du mouvement associatif Rassemblement Action Jeunesse (RAJ) ont été entendus par le magistrat instructeur. Il s’agit de Karim Boutata et Ahcene Kadi poursuivis pour « incitation et atteinte à l’intégrité territoriale par la diffusion de vidéos sur Facebook et port de pancartes et slogans attentatoires à la l’unité nationale », selon les articles 76 et 79 du code pénal.
Selon le Collectif de défense, le Tribunal de Sidi-M’hamed accélère les auditions dans le fond des détenus d’opinion et politiques ainsi que l’étude de leurs dossiers en vue de les juger. n